Scénario de Wander ANTUNES
Dessins de Walther TABORDA
Paquet - 78 pages
Un
bel album, dans une belle collection, chez un éditeur
prometteur : Big Bill est mort a tous les atouts pour mériter
l'attention du lecteur.
Big Bill est mort. Pendu. Là, à une branche de
l'arbre planté devant sa maison. On est au début
des années 30, dans le Sud des Etats Unis, et il ne fait
pas bon être noir à cette époque, sous ces
latitudes. Big Bill est mort et ses deux frères hésitent
à le décrocher de sa branche. C'est que le shérif
a recommandé de ne pas le toucher en attendant qu'il
puisse venir faire les premières constatations. Mais
le shérif se fait attendre et les deux frères
décident que ce spectacle a assez duré.
Big Bill est mort et ses deux frères se rappellent de
lui. C'était pas vraiment un gars bien, Big Bill. Plutôt
flambeur, plutôt hâbleur, en tout cas pas très
travailleur. Toujours à se fourrer dans les mauvais coups.
Alors forcément il a fini par agacer. Surtout quand il
a couché avec la femme de Linus, l'épicier. Bien
sûr, toute la ville était passée sur la
femme de Linus, mais là c'est d'un "négro"
dont il était question… et ça, Linus a eu
beaucoup de mal à l'accepter !
Le décor est planté et l'histoire de Big Bill
et de ses frères peut commencer. Grâce à
un scénario sans faille de Wander Antunes et un dessin
riche et chaud de Walther Taborda, le lecteur est tout de suite
plongé dans l'ambiance étouffante du "deep
South" (bêtise, chômage, racisme...). Et totalement
captivé par une histoire qui change d'orientation à
mi-parcours pour laisser derrière elle l'évocation
du passé peu honorable de Big Bill et en venir à
la "révolte" de ses frères. Non tant
pour venger sa mémoire que pour mettre fin à la
persécution, l'humiliation dont les noirs sont victimes.
Big Bill est mort est un bel album et une belle collection pour
un éditeur encore peut connu qui est en train de marquer
sa différence avec quelques publications remarquables
dont nous aurons l'occasion de reparler.