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     BaNDe DeSSiNée
 
LA VOLUPTE
BLUTCH

Futuropolis - 108 pages
Nouvel album, nouvel enthousiasme, nouvelle perplexité aussi… Blutch est sans doute l’un des auteurs les plus doués de sa génération, à l’œuvre mystérieuse et vénéneuse.


Ne comptez pas sur moi pour vous résumer La volupté. Ne comptez d’ailleurs sur personne. Un album de Blutch ne s’apprécie pas à l’aune des critères utilisés pour le commun des mortels. Un album de Blutch est avant tout question de sensations, d’impressions, voire de frissons. Nulle raison dans tout cela. Où alors à chercher dans les confins du psychanalytique…

Alors on se plonge dans La volupté comme dans une exposition d’art contemporain, tous ses sens en éveil. Le dessinateur Blutch laissant désormais largement la place au plasticien Blutch. Son trait est de plus en plus furieux, puissant, brut. Le rouge et le noir, travaillés avec obstination, s’élargissent en une palette infinie qui exprime crûment les états physiques et moraux de personnages aux prises avec leurs fêlures personnelles.

Malgré la froideur hivernale d’une petite ville provinciale et de sa campagne environnante qui servent de cadre à La volupté, c’est dans un climat très sexué que Blutch développe une narration. Les personnages masculins, toujours pathétiques, y sont tous, d’une manière ou d’une autre en quête de l’absolu féminin : amour impossible, sensualité exacerbée, sexe béant, "origine du monde". Certains s’y rencontrent, d’autres non… Mais tous souffrent par les femmes, par amour de la femme.

Pourtant, l’important est ailleurs, dans le travail graphique d’un dessinateur inspiré, habité, porté par son œuvre. Une œuvre violente qui s’ouvre et se referme par l’appel à l’aide d’un petit garçon en mal de reconnaissance et d’amour paternel. Vous avez dit "œuvre psychanalytique" ?


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Novembre 2006
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