Vous
avez aimé Friends, vous aimerez Les colocataires, version frenchie
des (més)aventures de djeunes et de leurs voisin(e)s dans l’air
du temps…
Gueules de bois, donc, pour ce deuxième tome d’une série
qui s’annonce pour durer. Gueules de bois, parce que l’épisode
précédent se terminait sur une méga-teuf qui
virait au cauchemar sous les effets conjugués de l’alcool
et de l’ecta. Résultat : une voisine à l’hosto,
un appart dévasté et les quatre compères virés
par une proprio excédée ! Pas facile d’enchaîner…
C’est pourtant ce que font allègrement Christopher et
Runberg en poursuivant le chassé-croisé narratif qui
leur permet de raconter les histoires individuelles de chacun de leurs
personnages dont la vie ne cesse de se croiser en tout lieu de la
petite ville de province qu’ils habitent.
Jean-Mi, fort de son BTS marketing continue à tenter de s’intégrer
dans la vie active (avec un certain succès) ; Antoine tente,
à force de pétards et Playstation, de se remettre de
sa rupture avec Amandine tout en lorgnant du côté d’Erika,
la voisine suédoise ; Julien termine des études studieuses
tout en vivant une belle histoire d’amour qu’il tente
de garder secrète, avec Amandine, l’ex d’Antoine
; et Max, le dernier venu, continu à mettre son souk dans le
groupe à force d’initiatives foireuses…
À mi-chemin entre la BD jeunesse, pour son traité graphique,
et une approche très adulte dans le choix de ses thèmes,
ses dialogues et son esprit en prise directe avec la réalité
d’une certaine jeunesse ("blanche" et plutôt
favorisée), Christopher et Runberg capitalisent avec talent
sur le phénomène Friends en le transposant "ici
et maintenant". On s’attache très rapidement à
ce petit groupe sympathique et hésitant… Encore un peu
enfants, mais déjà plongés, presque malgré
eux, dans l’univers des adultes, ils découvrent la vie,
l’amour, la drogue, le travail, le militantisme… Et le
lecteur, mi-copain, mi-grand frère n’en finit pas de
couver, d’un œil attendri, ces minots qui lui rappellent
tellement sa propre jeunesse, vécue ou rêvée.