Dessins de Henri VERNES
Scénario de Francisco CORIA
Le Lombard - 48 pages
BOB
CHEZ LES PICAROS
L'album semestriel de Bob Morane vient de sortir. Sur fond d'écologie
et d'avenir de la planète, notre héros vole une
fois de plus au secours de la belle Sophia Paramount.
Aaaaaah,
voici le nouveau Bob Morane (réécoutez L'aventurier
d'Indochine, ça n'a pas pris une ride). La série,
reprise il y a quelques années maintenant par Vernes
et Coria, nous livre là sa 38e aventure. Il faut dire
que nous avons environ deux albums chaque année, c'est
vous dire la place que ça prend dans votre bdthèque,
d'autant qu'avant les présents auteurs, d'autres duos
dessinateur/scénariste ont déjà copieusement
enrichi les étagères avec une bonne soixantaine
d'albums chez des éditeurs différents, et avec
plus ou moins de bonheur...
Bob Morane, vous ne pouvez pas ne pas connaître. Physiquement,
il ressemble de plus en plus à XIII... Bob est droit,
costaud et quasi invincible malgré sa propension naturelle
à se coller en permanence dans des situations impossibles
avec une candeur qui me dépasse... Vous iriez, vous,
à un rendez-vous à une heure du matin, seul, sans
armes, dans un quartier tellement glauque que même Stallone
et Willis ensemble refuseraient de devoir larpenter à
six heures du soir ? Ben, Bob, lui, il y va ! Vous choisissez
: il est vraiment trop fort... ou il est quand même un
peu con... On peut même penser les deux, c'est vous qui
voyez !
Des aventures calibrées
Toutes les aventures sont désormais calibrées,
avec en soutien de Bob, sa vieille copine... heu, son vieux
pote Bill Ballantines à tête rouge (il est Irlandais),
toujours prêt à descendre, d'un coup de poing,
un tas de gros balèzes et, de son autre main, une quantité
invraisemblable de whisky (enfin de moins en moins : c'est de
la BD tous publics !). Et, de plus en plus présente,
la touche féminine sous les traits de la très
jolie Sophia Paramount (rien que le nom me fait ricaner), une
intrépide reporter indépendante (forcément,
elle ne travaille pas pour TF1) qui à la foutue habitude
de se flanquer, elle aussi, dans des situations à la
noix... Et évidemment, qui c'est qui se sent obligé
de la sortir de là ? Et oui ! C'est bien, y'en a qui
suivent... Seul, le vieil ennemi intime de Bob, l'ombre jaune
ne fait plus partie qu'épisodiquement des aventures semestrielles
de notre héros...
Bon alors, ce 38e album ? Et bien, il y a de la nouveauté
: on approche la philo, l'écologie et le prémonitoire
du devenir planétaire ! Si, si, tout ça ! Bon,
je vous passe la Sophia qui s'est encore fourrée dans
une panade en allant rencontrer une tribu indienne d'Amazonie
(les Ma-kin-se), et qui s'est envoyé un cocktail maison
(du Ayahusca) qui te lui fait prendre une "hallu"
d'enfer, que dans le neuf-trois, ils cherchent partout où
on peut s'en procurer sur le net ! Et comme je le disais plus
haut, qui va encore aller la chercher cette inconsciente ?
Un appel à la vigilance écologique
Cela nous donne un album sans grande surprise mais plaisant
pour ceux qui aiment le style (je me mouille à mort parfois,
non ?) et puis cela attire un peu l'attention sur l'Amazonie
et ses peuples primitifs (non, Dobeliou n'est pas amazonien,
il est mongolien, lui !). Si cette histoire de Bob est une véritable
prémonition, cela vous fout bougrement les chocottes
et vous rappelle à vos devoirs de vigilance écologique
et économique.
"Evadé / Dans la vallée infernale / Le héros
s'appelle / Bob Morane / Tin tin tin tin tin tin tin tin"
Prochain opus, le numéro 39 est déjà programmé
: La panthère des hauts plateaux (je ne sais pas encore
s'il s'agit de Sophia...).