AU
NOM DE L'ALOI
Le sixième album d'une série hautement recommandable
et tout public. Le meilleur moyen de retrouver le Far West de
votre enfance, celui que vous aviez découvert avec Lucky
Luke.
Sans faire de bruit, voici le sixième album de Cotton
Kid. Si vous êtes un nostalgique du grand Lucky Luke,
celui dessiné par Morris et scénarisé
par Goscinny, voilà la série qu'il vous faut.
Les points communs sont nombreux. Tout d'abord le dessin,
très proche de celui de Morris sans en être une
pâle copie toutefois. Ensuite le décor, ce bon
vieux Far West et ses villes dont le saloon constitue le pivot.
La structure des gags est aussi dans la lignée des
meilleurs Lucky Luke (par exemple, Le 20e de cavalerie qui
me revient en mémoire…) Bref, Cotton Kid, c'est
du bon !
Les six histoires parues à ce jour sont bâties
autour d'un concept identique. Trévor de Beauregard,
héritier d'une riche plantation de coton dans le Sud
(nous sommes avant la guerre de Sécession) travaille
pour la célèbre agence Pinkerton dont la devise
est "We never sleep"… Les détectives
de chez Pinkerton ont la particularité d'arborer un
superbe costume blanc, d'être totalement intègres
et de résoudre une foule d'affaires, le plus souvent
pacifiquement.
Comme la justice est plus que balbutiante à cette
époque, on fait appel à Pinkerton, lorsque l'on
souhaite voir triompher le droit et rétablir l'ordre.
Trévor est, aux yeux de son petit frère Cotton
Kid, un héros indestructible. Cotton Kid lui voue une
indéfectible admiration, savamment entretenue par le
récit des aventures que lui rapporte Trévor
(agrémenté d'un petit souvenir, en général).
Trévor est sans nul doute le meilleur détective
de l'agence Pinkerton… Enfin, Cotton Kid le croit-il.
En vérité, Trévor est tout sauf le héros
qu'il se plaît à décrire. La meilleure
définition qui puisse lui coller à la peau se
trouve dans ce sixième album, et c'est Wolfgang Abomideous,
le gros vilain de l'histoire, qui l'exprime : "Hypocrite,
prétentieux, matamore, séducteur, cynique, hâbleur,
lâche et sournois" ! Moi, j'ajoute sympathique
malgré tout !
Trévor réussit toutes ses missions. Ou plutôt,
Cotton Kid les réussit pour lui : ce sacré gamin
parvient, à chaque épisode, à fuir la
plantation en douce et à sortir du pétrin son
grand crétin de frère qui se fourre toujours
dans des situations pas possibles.
Dans ce sixième opus, pas de dérogation à
la règle : Trévor doit faire cesser les activités
d'un bandit appelé "le Coyote noir" et va
une fois de plus se gaufrer dans son enquête, draguer
tout ce qui porte un jupon, et mystifier tout le monde (excepté
Cotton Kid) en bouclant une fois de plus sa mission au terme
de l'album ! Entre temps, nous, on se sera bien marré
au long des 48 pages réglementaires…
C'est bien fait, absolument tout public et ne fait pas tâche
dans une bédéthèque de bon aloi…
Vous pouvez vous procurer les 5 premiers albums sans hésitation
en sachant que ce sixième, quoique réussi, n'est
pas le plus hilarant de la série à six coups.
C'est vous dire qu'il y a bien du plaisir à suivre
ce petit Cotton Kid. Alors, moi je dis pour Noël : "Au
nom de l'aloi… Achetez !
Titi Foin
© Jowebzine.com - Décembre 2003
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