Cette
semaine, dans votre salle préférée... Heu,
dans votre librairie préférée, pardon,
voici le second volet des aventures dun petit nouveau
dans lunivers des héros solitaires de lOuest
américain, let me introduce to you : Mister James Healer,
apparu lan dernier dans les bacs.
Lami James Healer est un médium, indien blanc attaché
à ses racines et propriétaire, bien évidemment,
dune Harley Davidson, son fidèle destrier, sorte
de Jolly Jumper à soupapes. Son don lamène
à collaborer avec la police lors daffaires un peu
particulières... Ca tombe bien, nous sommes au beau milieu
dune bien pourrie et glauque dont le début, indispensable
à la compréhension totale du scénario,
vous obligera, avant de lire cette Nuit du Cobra, à vous
procurer le premier volume intitulé Camden Rock.
Je vous précise que nous sommes en plein cur de
lAmérique profonde, la pire. Celle où naissent
les futurs Dobeliou, puritaine, dépravée, peuplée
dalcolos, de paumés et de mômes qui ne rêvent
que dHollywood... Je parlais de "salle" dès
ma première phrase, parce que cest effectivement
dans un scénario parfaitement adaptable au cinéma
quévolue James Healer. Je verrais bien un Mickey
Rourke jouer Healer, moi... Enfin, en mesurant 30 centimètres
de plus et en laffublant dune perruque longue et
blond décoloré...
Ici, rien ne manque au climat du polar Middle West. Même
les politicards sont de la partie. Cest sombre, ny
cherchez pas le moindre jeu de mots ou gag : nous sommes dans
une BD sérieuse Monsieur ! Je nai dailleurs
pas noté loubli du moindre cliché qui ferait
fausse note dans le scénario Tiens, Brad Pitt avec
sa tignasse de Légendes dautomne collerait bien
aussi dans ladaptation au cinéma !
Un seul de ces éléments manque dans les 48 pages.
Cherchez lintrus : meurtre, vengeance, sexe, alcool, american
dream, Schtroumpf à lunettes, flics et CIA... Vous avez
trouvé ? Oooahhh je peux un peu être critique,
non ? Dautant que si cest sans surprise au scénario,
James Healer est une série qui développe aussi
des qualités : cest dessiné superbement
(avec de jolies couleurs de lOuest) et cela se lit sans
bailler.
Si vous aimez ce style de BD rigoureusement tourné vers
la série noire, vous pouvez vous laisser aller à
lire cette Nuit du cobra qui clôt la première enquête
de James Healer, dont je métonne au passage quà
la dernière case de la dernière planche, on ne
le voit pas se découper au loin sur fond de soleil couchant,
sur sa Harley, fredonnant : "Im poor lonesome indian..."