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     BaNDe DeSSiNée
 
LA CITE DE L’ETERNEL RETOUR

Dessins de Frédéric MARNIQUET
Scénario de Philippe CHAPELLE

Albin Michel - 46 pages
Malgré un coup de crayon prometteur, La cité de l’éternel retour est surtout remarquable par la vacuité de son scénario. La déception est d’autant plus importante…


La recette est connue depuis longtemps : pour plaire à coup sûr au plus grand nombre, il faut aller titiller sans état d’âme la fibre nostalgique du public. C’est ce précepte qu’appliquent à la lettre (et au trait) le dessinateur Frédéric Marniquet et son compère scénariste Philippe Chapelle.

Un tiers Tintin, un tiers Black et Mortimer, un tiers Indiana Jones, Paul Darnier, leur personnage, est le résultat singulier du croisement de ces trois (quatre ?) précurseurs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cet héroïque aviateur de la Première Guerre Mondiale reconverti dans l’Aéropostale est particulièrement réussi. La ligne claire classique de Frédéric Marniquet et les couleurs désuètes de Julien Ducasse fonctionnent à merveille et nous replongent instantanément dans l’enfance (et même un peu plus loin) et dans les récits épiques que publiaient à l’époque Pilote ou Le Journal de Tintin…

Malheureusement, la délicieuse madeleine que l’on croyait avoir miraculeusement débusqué s’avère rapidement aussi appétissante qu’un vieux croûton rassis. Car passé le charme indéniable d’un superbe graphisme, l’histoire concoctée par Philippe Chapelle s’avère rapidement aussi peu cohérente (et captivante) que le dessin est séduisant. Sorte de collage hasardeux d’emprunts directs aux modèles cités plus haut, La cité de l’éternel retour s’embourbe irrémédiablement dans son manque total d’originalité et d’idée personnelle. Au point de s’achever rapidement (46 pages seulement) après avoir à peine survolé, c’est le cas de le dire pour ce "héros" qui se déplace en hydravion, les thématiques qui ont servi à appâter le chaland.

On se gardera donc soigneusement de cette grosse déception imputable au premier chef à Albin Michel dont le travail éditorial devrait consister à se montrer exigeant envers ses auteurs et non à espérer naïvement que les lecteurs de bande dessinées sont des sortes de demeurés uniquement préoccupés par les "jolis dessins". Et on se consolera avec les originaux qui avaient, eux, un véritable respect pour leur public.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Novembre 2005
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