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     BaNDe DeSSiNée
 
LE LOCAL
Dessins et scénario de GIPI

Traduit de l’italien par Hélène Dauniol-Remaud

Gallimard - 112 pages
Deux merveilleuses découvertes la même semaine (et dans le même album) : la bande dessinée n’est pas coutumière de ce genre de cadeau, mais l’approche de Noël y est peut-être pour quelque chose…


La proximité des fêtes et des cadeaux qui les accompagnent n’est sans doute pas étrangère à la création par Gallimard d’une nouvelle collection de bande dessinée nommée Bayou et confiée aux bons soins de Joann Sfar lui-même. Belle initiative de la part de l’éditeur de la rue Sébastien-Bottin, d’autant que quatre volumes sont déjà en vente parmi lesquels un album de Joann Sfar (on n’est jamais si bien servi…) et deux autres, prometteurs, de Morgan Navarro (Skateboard et vahinés), et de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie (Aya de Yopougon).

Nous reparlerons prochainement de ces trois albums, mais le sujet du jour est le quatrième mousquetaire de la bande, l’Italien Gianni Pacinotti, dit Gipi. Ce quadra talentueux issu de la publicité puis de l’illustration et de la presse (il est l’un des dessinateurs attitrés de La Repubblica) est devenu, en quelques livres, une référence internationale.

Ce talent particulier, situé quelque part entre Jacques Loustal pour le trait aquarellé et Baru pour la force du propos et l’art de la narration, éclate avec Le local, son quatrième titre publié en France. Chaque vignette est belle, chaque phrase sonne juste, chaque événement arrive au moment précis où il doit se produire… et le lecteur se délecte d’un tel art, d’une telle élégance et d’une telle maîtrise.

Le local est une histoire rock, focalisant sur la question-clé de tout trip musical adolescent : où répéter ? Chez Giuliano évidemment. Son père lui a prêté un vieux garage encombré : il est au groupe gratuitement aussi longtemps qu’il n’y a pas de problème. Mais des problèmes, il va rapidement y en avoir… En une grosse centaine de pages seulement et finalement peu de mots, Gipi réussit l’exploit de nous raconter, de nous faire sentir, de nous faire comprendre tout se qui touche à l’intime et à l’universel de ses quatre personnages principaux, les musiciens du groupe. Construit comme un film, avec le même sens des transitions et des révélations progressivement distillées, il met le lecteur en totale empathie avec les ados et ceux qui les entourent.

Impossible d’entrer plus avant dans les détails de l’histoire sous peine de vous priver d’un immense plaisir de lecture. Mais même si, comme moi, vous aviez déjà lu tout ça, vous ne résisteriez pas au pur bonheur visuel de reprendre Le local au début et de vous attarder sur chaque vignette, comme je vais le faire après avoir tapé le point final de cette chronique.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Décembre 2005



Site de l’auteur : www.bacidallaprovincia.com
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