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     BaNDe DeSSiNée
 
S.
Dessins et scénario de GIPI

Traduit de l’italien
par Hélène Dauniol-Remaud

Vertige Graphic - 105 pages
Découvert relativement récemment en France, l’Italien Gipi n’en finit pas de nous émerveiller. Son nouvel album touche même au sublime.


Depuis deux ans, il se passe toujours (ou presque) quelque chose avec Gipi. Normal pour un auteur découvert sur le tard en France : ses anciens albums ont été publiés à un rythme soutenu, amplifiant encore le phénomène. Mais la raison de son succès n’est pas à chercher dans cette intense actualité éditoriale.

On a déjà eu ici l’occasion de vanter les mérites de l’œuvre de Gian Alfonso Pacinnotti (Le local et Ils ont retrouvé la voiture) ; on a déjà eu l’occasion d’attirer l’attention du lecteur sur cet auteur majeur ; on a déjà souligné à quel point ses albums sont très au-dessus de ce que propose la "concurrence"… On a déjà dit tout ça, on sait donc à quoi s’en tenir… et pourtant quand un nouvel album paraît, on tombe encore de l’armoire, comme la première fois. Pire que la première fois puisque, même en attendant le meilleur, on est scotché par la surprise et l’admiration une fois la dernière page refermée !

Avec ce roman graphique ambitieux, Gipi se confronte à l’autobiographie, mêlant l’histoire familiale à ses propres souvenirs d’enfant. Mêlant les souvenirs de la guerre que ses parents ont vécu et les années soixante d’une Italie en plein boom économique. C’est le jeune Gianni qui raconte. Rien de linéaire d’ailleurs dans cette narration. Plutôt du coq à l’âne, des anecdotes éparses et sans lien apparent entre elles. Des personnages récurrents que l’on apprend à connaître sans qu’ils nous soient présentés. Du sépia pour les souvenirs anciens, de la couleur pour ceux du narrateur. Bref quantité de petits riens qui finissent par faire apparaître un tableau complexe et complet, une sorte de saga familiale sur trois générations…

On ressort de S. époustouflé par l’économie de moyens comparé au résultat final. On referme l’album et on reste longuement silencieux, encore sous le coup de l’émotion. Émotion humaine, émotion picturale aussi tant est superbe le coup de pinceau de ce raconteur d’histoire hors pair. Décidément, Gipi est ce qui est arrivé de mieux à la bande dessinée depuis longtemps.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Décembre 2006
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