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     BaNDe DeSSiNée
 
ASTERIX LEGIONNAIRE

Scénario de René GOSCINNY
Dessins de Albert UDERZO
 
Hachette - 48 pages
Une fois n’est pas coutume, les compères Uderzo et Goscinny, ont décidé pour cet épisode des aventures d’Astérix le Gaulois d’aborder le thème de la quête Amoureuse. Histoire de relever un peu le goût trop doux de ce genre de thème, c’est bien entendu le "pachyderme de service" qui tombe amoureux de la belle et délicieuse Falbala.

Après quelques pages d’introduction sur le sujet, l’aventure commence vraiment avec la décision de nos deux héros de rendre un service à la belle en lui ramenant (en bon état) son fiancé enrôlé de force par les Romains pour leurs combats fratricides en Afrique.

L’essentiel de l’album est, à partir de là, une critique assez ironique du fonctionnement des armées. En effet, on assiste d’abord aux premiers contacts avec une administration merveilleusement inefficace, peuplée de planqués superbement benêts et faignants. Ensuite, tentative de mise au pas des nouvelles recrues, et bien sûr échec retentissant des instructeurs dont on garde l’impression qu’il n’ont vraiment "que d’la gueule" et l’on se demande comment la Nation conquérante a réussi à envahir une grande partie du monde connu à cette époque avec d’aussi piètres soldats.

L’incontournable question de la gamelle du soldat n’est pas évitée, elle l’est d’autant moins qu’un Obélix qui ne parlerait pas bouffe toutes les cinq minutes nous semblerait un peu terne. Et là, ça ne plaisante pas, Jean-Pierre Coffe peut bien se tenir, les auteurs sont des défenseurs assidus de la bonne bouffe, et ils piétinent donc avec un plaisir à peine dissimulé le goût passable de nos insulaires favoris, à savoir les Grands Bretons, ainsi que les méthodes de cuisine de toute armée qui se respecte.

Pour faire bonne mesure, l’ordre et la discipline des armées est sérieusement mis à mal avec la fin de l’album qui se déroule dans un désordre remarquable, les soldats ne sachant même plus pour qui et contre qui ils se battent. On arrive ainsi à l’apothéose avec la séquence durant laquelle le grand chef, celui qui décide tout et qui montre la voie, ne sait pas se décider et laisse finalement les évènements décider pour lui. Et en plus ça marche : il remporte la victoire. Bravo Monsieur de Général en Chef !

En racontant la fin je ne pense pas gâcher le plaisir de qui que soit : tout le monde lu cet album depuis bien longtemps… Donc les deux Héros retrouvent le jeune beau, ils le ramènent sain et sauf auprès de la belle et ces deux-là s’en vont faire plein de jolis petits enfants à Condate.

On ne peut pas se lasser, on lit, on relit, on recommence encore une fois… et c’est toujours aussi marrant. Heureusement que les auteurs de BD en général ne sortent pas des albums en quantité et de façon permanente, ça nous laisse le temps, entre deux, de feuilleter les classiques, et c’est tant mieux.


Pierre Alouges
© Jowebzine.com - Février 2002
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