Scénario de Henri Fabuel
Dessins de Fabrice Le Hénanff
Glénat - 48 pages
Naissance
d’une nouvelle série signée Fabuel et Le Henanff.
Un beau sujet, mais un traitement décevant pour ce premier
tome.
Londres 1888. Mary Jane Kelly, prostituée de 25 ans, est retrouvée
sauvagement assassinée. Elle sera la dernière victime
attribuée à Jack l'Eventreur. La nuit même, un
homme s’embarque pour l’Amérique avec valet et
bagages. Destination finale : Chicago où, après quelques
escroqueries à la petite semaine, il s’établit
pharmacien sous le nom de Henri H. Holmes. C’est à la
même époque que des corps de femmes mutilées font
à nouveau leur apparition !
À quelques mois de l’inauguration de l’Exposition
Universelle de 1893, ces meurtres risquent de créer une psychose
dont les autorités se passeraient bien. Elles confient l’enquête
à l’agence de détectives Pinkerton and sons qui
mettent sur l’affaire l’agent Siringo et Hélène
Martinelli, jeune féministe récemment embauchée
comme assistante.
Avec ce premier tome, Henri Fabuel et Fabrice Le Hénanff entreprennent
de relater la "carrière" criminelle de Herman Webster
Mudgett, plus connu sous le nom de H. H. Holmes, premier serial killer
répertorié dans l'histoire de la jeune Amérique.
Auteur de près de deux cents meurtres selon les hypothèses
les plus pessimistes, il sera condamné à mort et pendu
en 1896 après avoir été formellement reconnu
coupable pour… un seul d’entre eux !
En s’emparant de ce sujet en or, le duo responsable de l’album
Les caméléons, paru chez Casterman en 2003, se ménage
une série taillée sur mesure pour le dessin sombre,
original et tourmenté de Fabrice Le Henanff : recoins mal éclairés,
nuits neigeuses, caves oppressantes et arrière-boutiques glauques
sont, en effet, les décors favoris du pharmacien maudit.
Malheureusement, volonté délibérée ou
maladresse regrettable, la narration de Henri Fabuel pêche cruellement
par manque de fluidité. Coq-à-l’âne incessants,
flash-back mal préparés, dialogues approximatifs ou
hermétiques… rien n’est fait pour faciliter la
tâche du lecteur, aussi assidu soit-il. S’agissant d’un
premier tome dont l’objet principal est de mettre en place personnages
et événements, le mal est moindre et on garde espoir
que la suite vienne éclairer les zones obscures de cette ouverture
laborieuse. À suivre !