La
naissance d’une nouvelle série est toujours un petit
événement dans le monde de la bande dessinée
et, avec Islandia, Dargaud pourrait tenir un joli filon…
Le jeune Jacques va sur ses seize ans et, dans ce XVIIe siècle
aventureux, se sent pousser des désirs d’exploration
et d’aventure. Son obsession : l’Islande, qu’il
décide de rejoindre en s’embarquant, passager clandestin,
sur un bateau de pêcheurs. En débarquant, après
mille péripéties, sur ce territoire hostile et glacé,
il espère comprendre enfin les visions surnaturelles qui l’obsèdent
depuis toujours et qui semblent toutes prendre leur source sur cette
île. Pourtant, sa confrontation avec la dure réalité
islandaise ne sera pas facilitée par les phénomènes
inexpliqués qui se multiplient sur son passage…
En prenant en charge dessin et scénario, Marc Védrines
assume seul l’ambition d’une série dense et complexe
qui ne laisse rien deviner de la tournure que prendront les événements
dans les tomes suivants.
Entre récit d’aventure et quête initiatrice, Islandia
transporte son lecteur dans un monde qui mêle étroitement
la réalité la plus triviale (les rudes conditions d’existence
des pêcheurs au long cours ou la misère du peuple islandais
sous le joug des envahisseurs danois) et le surnaturel le plus inquiétant
(les drames inexplicables qui jalonnent la route du jeune Jacques).
Jusqu’au trait de Marc Védrines, sec et précis
qui, rehaussé par la subtile mise en couleur de Laetitia Schwendimann,
confère à l’ensemble une épaisseur, une
précision, un réalisme tout à fait convaincants.
On attend maintenant la suite d’Islandia pour, enfin, commencer
à comprendre qui est réellement ce jeune homme étrange
et fragile qui à la mort pour compagne de route et parle islandais
sans jamais avoir appris la langue…