Allez,
malgré les multiples crasses, saloperies et autres vilenies
que lon voit bien poindre pour ces tous prochains mois,
il faut tout de même sacrifier à la sacro-sainte
coutume. Donc : bonne année, bonne santé et surtout
bonnes BDs !
Après une fin 2002 très lourde... Ben oui, allez
savoir pourquoi, il sort autant de BD entre fin octobre et fin
novembre de chaque année !? Je vais vous le dire, ignorants
et candides que vous êtes ! Cest parce que les crayons
poussent au printemps et sont cueillis en été,
que les scénarios mûrissent à lautomne
et que les albums naissent de toute cette merveilleuse genèse...
dans la période de fin d'année ! Cest tout
! Je le sais, cest Disney et Raffarin qui me lont
dit.
Après une fin dannée 2002 lourde, disais-je,
y compris et surtout pour le porte-monnaie du bédéphile
collectionneur, cest la traditionnelle période
de disette : janvier. Une production aussi rare que les neurones
de Dobeliou, mais souvent aussi une petite lueur dans le trou
noir. Je men vais donc vous parler de la lueur...
Pum, pum, pum, pum... Cest pas une intro de Ludwig (pas
la batterie, lautre, le sourd !), cest le chant
du 44 magnum de lEffaceur. Nous avons affaire à
un tueur à gages (à gags surtout, comme le précise
le quatrième de couverture), patron et employé
unique (ajoutez tout de même une secrétaire dévouée...)
de la Eraser Limited, petite entreprise qui ne connaît
pas la crise, puisque son catalogue propose aux clients plusieurs
forfaits visant à aboutir à lélimination,
moyennant finances, de tout individu gênant son prochain,
pour peu que ce prochain ait les moyens et le premier lidée
de supprimer ledit gêneur...
Mister Reynolds, lEffaceur, travaille, si jose dire,
sans bavure ! (allez-y, cherchez la pub subliminale !) Dailleurs,
la devise de la maison est : "Clients et victimes, même
satisfaction". Lhomme est autodidacte. Il a tout
appris sur le Beretta, donc, mais le travail est clean. Cest
vrai quau long des 48 pages, il y a peu de réclamations,
particulièrement de la part des victimes (de nous non
plus, dailleurs). Le dessin est clair, les planches senchaînent
sans la moindre lassitude, bien évidemment cest
drôle et il y a même quelques gags assez bien trouvés...
Je vous laisse, par exemple, découvrir les autres forfaits
(dont lirrésistible contrat fondation, un contrat
en béton !)
Si vous avez aimé Dirty Henry (je dis bien Henry), un
autre héros américain du même dessinateur,
sachez que cest de la même veine. Voilà donc
une BD bien calibrée (oooah, lautre !) pour débuter
un millésime 2003 où jai bien peur que seule
la BD nous fasse rire avec des flingues...
Et si vous même souhaitez négocier un contrat avec
la Eraser Limited, sachez que le forfait le plus simple vous
coûtera tout de même 10 000 $, mais çà
peut les valoir... Lalbum, lui, cest 8 euros et
çà ne fait de mal à personne de lajouter
dans sa bibliothèque et de devenir ainsi une des victimes
de lEffaceur !
Ah, un dernier truc : après pum, pum, pum, noubliez
pas de souffler le bout du canon... et de démonter le
silencieux.