Dessins de KIEM
Scénario de Damien MARIE & Eric HERENGUEL
Editions Soleil - 48 pages
L'ESSENCE
DE LA BD
Un nouveau duo de choc pour le huitième art : Gazoleen
et Kerozen, personnages peu recommandables mais finalement plutôt
attachants bien que très moches et très méchants.
Il semblerait que la mode, dans certaines rédactions,
soit au duo infernal "sévèrement armé"
dans le style Pulp Fiction pour le cinéma ou Spoon et
White pour rester dans la BD (voir chronique du cinquième
album de Spoon et White dans les archives - Pub).
Eh bien, voilà deux petits nouveaux qui ne vont pas déparer
la collection, let me introduce to you… Gazoleen, le petit
gros à la queue-de-cheval (les cheveux, les cheveux...)
et Kerozen, le grand black (une sorte de Will Smith en moins
sympa, quand même).
Ces deux oiseaux débutent leurs aventures en se faisant
bêtement coffrer suite à un braquage avec prise
d'otages qui tourne pas bien, vu que les otages prévus
pour le repli "au cas où" ont vaguement été
trucidés, sans doute avec une légère précipitation…
On dira ce qu'on voudra, mais ça n'aide pas pour se tirer
d'affaire… Résultat : au trou pour, théoriquement,
vu les antécédents, environ 500 ans. Théoriquement,
j'ai dit ! Aaaah, voilà ce qui va motiver toutes les
petites histoires (2, 3 pages maxi à chaque fois) de
nos futurs héros dont l'action, notez-le au passage,
je vais pas le répéter, se déroule dans
un futur assez proche de l'univers du cinquième élément.
Théoriquement, disais-je, car un vilain flic plus laid
que Sarko leur propose un deal qu'ils peuvent difficilement
refuser, sauf à passer pour des ingrats malpolis, à
savoir : "Vous bossez pour moi comme chasseurs de prime
dans toute la galaxie, le temps qu'avec les primes que vous
encaisserez, vous remboursiez votre dette à la société
!"
Nos deux compères sont franchement pas chauds-chauds,
mais Sarko, heu… sa doublure, leur assène un argument
imparable pour lever leur réticence à devenir
des balances : "Nous vous avons implanté avant votre
réveil en cellule, une petite bombe miniature (tiens,
tiens, ça rappelle Schwarzy, non ?) qui, si vous n'êtes
pas coopératifs, vous enverra ad patres fissa…"
En gros, c'est le message que leur tient Sar… le flic.
Quand ils apprennent que l'endroit où est placé
ces petites merveilles de technologie se trouve être leur
appendice génital respectif, nos repris de justesse acceptent
avec une joie non dissimulée…
Et on est parti pour une série de missions où,
tantôt ça dégomme grave, tantôt ça
éradique velu (vice-versa), jusqu'à la rencontre
d'une charmante demoiselle très douée qui réussira
à leur extraire les minis bombes par une opération
très classique ne nécessitant pas de diplôme
de chirurgie… si vous voyez ce que la décence m'interdit
de vous dire ici (merci Georges) et nos deux gars soulagés
(deux fois, donc) pourront alors s'émanciper de leur
tutelle policière un rien pesante…
Mais là, on arrive à la fin de l'album et la suite
sera au prochain numéro !
Ça se laisse lire (rapidement), c'est plutôt bien
dessiné, c'est totalement immoral, glauque et politiquement
incorrect, donc, j'ai bien aimé ! J'voudrais juste pas
me trouver sur leur route, sont vraiment trop moches et méchants
!
Ah ouais…