Dessin de Manu LARCENET
Scénario de Jean Yves FERRI
Dargaud - 48 pages
Grande
figure du renouveau de la BD, Manu Larcenet n’en finit pas de
s’inspirer de son existence dans ses très nombreux albums.
Prolifique, son talent semble sans fin. Sincères, ses dessins
semblent salvateurs pour lui-même. Le Déluge, quatrième
volet des aventures du citadin Manu Larssinet à la campagne,
profite du délire non sensique et de l’autofiction.
Larcenet a plusieurs visages. Il aime faire rire. Parfois grassement.
Parfois par touche de tendresse. Comme tous les grands comiques, il
cache des angoisses existentielles derrière une œuvre
burlesque et multiforme. Il s’est livré à un magnifique
travail d’autofiction avec la série du Combat ordinaire.
En parallèle à cet étrange exercice, assez introspectif,
le dessinateur, aidé du scénariste Jean-Yves Ferri,
a inventé un double parodique : Manu Larssinet, héros
malgré lui de Retour à la terre. Ce petit dessinateur,
urbain jusqu’au bout des crayons, déménage aux
Ravenelles, verte contrée et s’installe avec sa petite
amie Mariette.
Pour ce quatrième épisode, Manu découvre les
joies de la paternité. La petite Capucine a débarqué
dans sa vie et ça le déstabilise très sérieusement.
Il ne dort plus. Il angoisse et s’inquiète de tout. Son
frère n’arrange pas les choses en débarquant avec
les membres énervés d’une rave. De plus, lorsque
Manu part à Paris, il emmène la mère Mortemont,
irascible voisine en lutte contre la société du sexe.
Ajoutez à cela une ex-copine, un Monsieur Henri qui découvre
le vocabulaire Internet, des drôles de bestioles… et vous
comprendrez rapidement pourquoi le titre fait référence
à une catastrophe naturelle.
Le trait est léger, le style, incisif et le ton sentimental
! Les deux auteurs continuent de maltraiter le pauvre Manu Larssinet
avec une affection particulière. La petite communauté
des Ravenelles idéalise, avec de temps en temps de la poésie,
le milieu rural ! La petite famille Larssinet offre de beaux moments
tendres et surtout les petites histoires diffusent un humour revigorant,
passionné et irrésistible. Comme le chante si bien Kent
: Allons z’a la campagne !