Dessins de Jérôme JOUVRAY
Scénario de Olivier JOUVRAY
Paquet - 48 pages
Quatrième
tome d’une série née en 2002 et qui ne s’essouffle
pas. Bel exploit pour un personnage atypique et des auteurs inspirés
!
Il s'appelle Lincoln. Comme le Président des Etats-Unis d'Amérique.
Orphelin, né dans l'Ouest américain à la fin
du XIXe siècle, il est "élevé" dans
un bordel. Mais doté d’un esprit vif et acerbe, il manifeste
très jeune sa colère contre la vie et son ironie à
l’égard de ses contemporains. Considéré
rapidement comme un perturbateur inutile à la collectivité,
il est chassé et part à l'aventure à travers
le pays, sans but et sans plaisir…
Pourtant, contre toute attente, il fait rapidement la rencontre d'un
vieux paysan qui s'avère être… Dieu en personne
! Le vieux s'attache, fait le pari de transformer Lincoln en une sorte
de messie-justicier et, pour mettre toutes les chances de son côté,
le rend immortel. Mais c’est compter sans la personnalité
un peu tordue et manipulatrice de son protégé.
Le décor est ainsi planté dès le premier volume
de la série.
Vous l'aurez compris, pour familiale qu'elle soit (outre Jérôme
et Olivier, Anne-Claire Jouvray s'occupe de la mise en couleur de
la série), la saga Lincoln est tout sauf un western traditionnel
! Tout concoure à en faire une série originale, à
commencer par ses dialogues incisifs et décalés qui
manient l'anachronisme ironique (il y a du Audiard dans certains échanges
vifs et fleuris) et le mauvais esprit avec une efficacité et
un humour rares.
Ainsi de ce quatrième tome qui permet au lecteur (devenu fan)
de retrouver Lincoln cinq ans après qu'il a intégré
la police de New York. À force de manoeuvres aussi diverses
que variées (mais rarement honnêtes), il est parvenu
à gravir les échelons et à devenir chef de brigade
bedonnant et corrompu. Mais Dieu veille et décide de remettre
les choses en ordre…
Sans jamais s'essouffler ni perdre une once de son esprit sarcastique,
la famille Jouvray perpétue, d’album en album, le génie
propre de cette série jubilatoire qui tord le coup aux idées
reçues et aux bons sentiments. On ri donc beaucoup aux mésaventures
de l’irascible Lincoln, à des années-lumière
des "classiques" du genre. Lincoln : une grande claque aux
petites mauvaises habitudes !