To
be or not to be Goldgruber ? Cette étrange question résume
parfaitement la problématique du public, et par extension de
Nicolas Malher, jeune auteur autrichien, vis-à-vis de son "art"
(remarquez les guillemets). Pour exprimer plus explicitement cette
problématique, rappelons que Madame Goldgruber est agent des
impôts et se demande si le dessinateur de bande dessinée
Nicolas Malher doit être taxé à 10 ou à
20 %, ce taux dépendant de son statut : 10 % pour les artistes,
20 % pour les graphistes.
Cette scène inaugurale du nouvel ouvrage de Malher (publié
dans la collection Eprouvette de L'Association dont la vocation est
de mener une réflexion générale sur la bande-dessinée)
est suivie de nombreuses petites histoires autobiographiques et drolatiques
qui, chaque fois, explorent finalement la même question sous
des angles différents.
Dans son style minimaliste mais diablement efficace, Nicolas Mahler
passe en revue différents épisodes de sa vie qui, de
l'enfance aux mille activités que son talent particulier l'ont
amené à pratiquer (éditeur, loueur de cassettes
vidéos, prof de dessin, "dédicaceur", faussaire,
etc.), le ramène toujours à la question fondamentale
(dont il nous affirme en préambule, se fiche comme de sa première
chaussette) : la bande dessinée est-elle de l'art ?
Faute d'apporter une réponse définitive à cette
question fondamentale, l’auteur continue à officier dans
le 9e art (tiens, un indice) et nous gratifie d'un épilogue
piquant dans lequel il rappelle son agent des impôts préférée
pour l'informer de son rôle déterminant dans son dernier
album. Et le moins que l'on puisse dire est qu'il n'est pas très
bien reçu… Rien à voir avec l’accueil que
nous vous engageons à lui réserver !