Dessins de Jacques MARTIN
Scénario de Christophe SIMON
Casterman - 48 pages
La
quinzième aventure de Guy Lefranc l’emmène
cœur de l’Amazonie, dans la tribu des Sarawak qu’il
va aider à se sortir d’une mauvaise passe. Du Jacques
Martin tel qu’en lui-même.
Voici un album qui figure dans la pile des mes BD non lues depuis
quelques mois. Vous savez ce que c'est : on achète, on
achète, on n’a pas le temps de lire au fur et à
mesure et, pire encore, certaines BD restent un bon moment non
ouvertes car, depuis que vous les avez acquises, est sorti un
sacré paquet de nouveautés que vous avez privilégiées.
C'est le cas d'El Paradisio de Jacques Martin, la dernière
aventure de Guy Lefranc, le reporter blondinet propre sur lui
qui dormait tranquillement au pied de mon lit, en attendant
que je la parcoure (la dernière aventure…Ne commencez
pas !).
Jacques Martin, vous connaissez forcément, demandez à
vos parents, voire grands-parents, qui ont lu avec délectation
les aventures d'Alix (plus de vingt aventures à travers
toute l'antiquité), sans compter les Voyages d'Alix où
vous avez tout loisir de passer un bon quart d'heure sur certaines
cases tant le dessin est riche et la précision de rigueur.
C'est de l'école franco-belge ultra orthodoxe (Casterman,
je le rappelle).
Avec
Jacques Martin, on n’est pas là pour rire. Si votre
gamin n'a pas de goût pour l'histoire antique, achetez-lui
un premier album d'Alix… en faisant attention aux effets
secondaires car Alix, tout comme les autres héros de
Martin (Jhen, Keos, Orion et Lefranc) est rarement (ou alors
temporairement, faute de mieux) avec des filles. Si vous voyez
ce que je veux dire… Faut dire que tout ceci se passe
dans un milieu où tout le monde se balade en petite tunique
affriolante et assez souvent en Grèce…
Mais
revenons à nos moutons. Même si nous vivons à
l'heure de l'euro, Lefranc se lit encore très bien (oui,
oui, elle est nulle, je sais…), je dirais même que
ses qualités ne sont pas dévaluées (tiens,
encore une !).
Dans
cette quinzième aventure, notre sympathique héros
rend une fois de plus un service à des amis en détresse
qui organisent un superbe meeting de vieux avions, en remplaçant
au pied levé un pilote défaillant aux manettes
de coucous antiques (ah ben si, y'a de l'antique finalement
!). Je vous rassure, ça va mal se passer et Lefranc va
plonger (et une de mieux !) Recueilli par une tribu dont l'ensemble
des éléments femelles a été enlevé
par de pseudos moines pour être, de force, mises devant
des machines à coudre et fabriquer des jeans revendus
en Europe (si, si, je vous jure !), Guitou va apprendre à
vivre comme les Sarawak (le nom de la tribu dont je précise
à l'avance à mon Rédac' chef qu'ils n'ont
rien à voir avec les Picaros !), passer de sa jolie couleur
blonde au brun, tout en adoptant un très seyant petit
pagne. Il va même devenir l'objet de toute l'attention
d'une des rares jeunes femmes à n'avoir pas été
enlevée par les vilains : c'est vraiment pas de pot pour
lui au milieu de tous ces jolis garçons primitifs !
Comme
d'habitude, notre héros va s'en sortir, en profiter pour
sortir aussi les pauvres bougresses réduites à
l'esclavage d'El Paradisio, retrouver à l'occasion son
vieil ennemi intime Axel Borg qui traîne quasiment dans
chaque album et, tout est bien qui finit bien, larguer (en faisant
mine d'avoir quelques regrets) cette peau de colle de Ohnâ
dont on voyait bien où elle voulait en venir la sa…
rawak ! Beeuueerrrck !
Je
rigole, je rigole, mais comme vous n'avez pas tous nécessairement
l'esprit aussi tordu que le mien, vous pouvez vous laisser aller
à lire cette aventure, comme toute la production de Martin
d'ailleurs, ne serait-ce que pour apprécier les couleurs
chaudes et la finesse du trait (je sais, je l'ai déjà
dit, mais c'est tellement bien fait), pour vous immerger dans
un monde où l'on parle encore un français très
littéraire, où le code de l'honneur a toujours
sa place et où les méchants perdent toujours.
Aaaaaah, les héros de mon enfance…