Momo
le coursier, le nouveau héros de Frank Margerin, revient
dans un deuxième album, pour nous procurer une bouffée
de nostalgie bienfaisante.
Au début il y avait Lucien, le rocker branché
à la banane démesurée. On s'est longtemps
marré au rythme de ses mésaventures avec ses potes
Ricky, Gillou et Riton… C'était les années
80, les années Humanoïdes Associés et Métal
Hurlant. Et puis, Franck Margerin a un peu levé le pied,
a moins publié, s'est reposé… pour revenir
plus fort que jamais avec un nouveau héros récurrent
: Momo le coursier.
Changement d'époque : Momo est beur mais toujours aussi
parisien. Si Lucien vivait de mille petits boulots aussi loufoques
qu'éphémères, Momo, lui, a un emploi stable
et moderne : coursier chez Koursadonf. Toute la journée,
sur son scooter, il va livrer des plis et des paquets urgents
d'un bout à l'autre de la capitale. On avait découvert
Momo l'année dernière dans un album éponyme
(Momo le coursier), on est heureux de le retrouver un an plus
tard et d'apprendre qu'il roule toujours !
On le suit donc dans 9 petites histoires dans lesquelles il
s'essaye aux tags, il expérimente la vie de star, il
découvre le tuning ("Je suis devenu un dingue du
tuning… J'te jure, toute ma tune y passe" lui dit
son copain Jack. "Ah, ben ça doit venir de là
le mot tuning !" répond Momo), sympathise avec un
physionomiste de boîte qui refuse de le laisser entrer,
fait des affaires dans un vide-grenier du dimanche matin et
les soldes avec sa copine (enfin presque) Loana !
Impossible de raconter Momo et Margerin. Le dessin et l'ambiance
sont intacts, intemporels, comme figés dans des sixties
qui continueraient à exister en 2004. Mêmes personnages,
même gentillesse foncière. Il n'y a pas de méchants
chez Margerin. Il n'y a que des gentils et des moins gentils.
Le portable et le CD sont là, les flics ont des casquettes
et les CRS font le pied de grue devant les tourniquets du "tromé",
les voitures et les motos sont millésimées début
de 3e millénaire, mais…
Mais Momo évolue dans un monde "idéal"
d'où la violence sociale a disparu, dans une sorte d'Amélie
poulain de la BD. Du coup, les albums de Margerin s'inscrivent
dans le paysage comme des sortes d'oasis de paix et de sourire,
des moments de relâchement et de sécurité.
Se plonger dans un de ses albums, c'est l'assurance d'un moment
de perfection nostalgique. Et ces moments sont trop rares pour
se priver de celui-ci !