Quelques
années après Astérix et Obélix,
c'est Jack Palmer qui débarque en Corse pour une plongée
au cœur des mouvements indépendantistes. Pertinent
et désopilant.
Du vrai, du pur, de létat brut, la Corse et ses
autonomistes comme si vous y étiez... Jusque-là
aucune BD ne sétait risquée à sapprocher
autant de cette actualité. Maquisards des temps modernes,
vendetta, racket, attentats, omerta, succession, élevages
de vache(s), pulenda* Pétillon nous offre ici une
véritable parodie du milieu indépendantiste corse.
Pour le pinsoud** moyen continental, cet abord a quelque chose
de dédramatisant, voire réconfortant. Après
tout, il vaut mieux en rire quen pleurer et vous ne regarderez
sans doute plus les communiqués de presse nocturnes des
groupuscules cagoulés sous le même il après
avoir lu cet album.
Jack Palmer, détective privé, est engagé
par un notaire parisien pour retrouver la trace dAnge
Léoni et lui remettre sa part dhéritage.
Sous le profil du parfait anti-héros (imperméable
en été, mais nettement moins futé que Colombo),
notre petit bonhomme rondelet va mener son enquête aussi
discrètement et subtilement quun bovin dans un
supermarché. Au travers de ses avatars, le lecteur se
délectera des multiples contradictions que génère
la "question corse", tant entre les diverses factions
rivales autochtones (Corsa Corsica, la Reconcoctée, Canal
inattendu), quentre les différentes autorités
politico-judiciaires. Pour un peuu, le milieu autonomiste en
deviendrait presque attachant.
Détente assurée avec ce petit chef-duvre,
un scénario homérique, un humour "explosif",
et une chute dun incroyable réalisme. Quant aux
protagonistes, la formule consacrée "toute ressemblance
avec des personnages existants serait purement fortuite"
aurait mérité dêtre mentionnée
en début dalbum. Vous laurez compris, on
ne lit pas Lenquête corse pour la beauté
des paysages et la finesse des dessins, Pétillon est
avant tout un caricaturiste.
En vente chez tous les bons libraires, sur le continent et en
Corse, en français et en langue corse ! Comme quoi, nos
cousins de lIle de Beauté ne sont pas si susceptibles