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     BaNDe DeSSiNée
 
LES PETITS RUISSEAUX
Pascal RABATE

Futuropolis - 94 pages
Après l’intégrale du monumentale Ibicus, Pascal Rabaté change de registre, mais confirme son statut de surdoué avec des Petits ruisseaux inoubliables.


Pascal Rabaté est un génie. Voilà bien, je le sais, le genre d’affirmation péremptoire qui suscite, au mieux, la méfiance, et au pire l’ironie. Pourtant, je n’hésite pas à réitérer mon affirmation : Pascal Rabaté est bien un génie de la bande dessinée. D’abord par son trait virtuose, sensible et évocateur. Un dessin riche de vie et d’humanité. Un traitement de la couleur toujours juste, précis et modeste… même quand cette couleur se "limite" au noir, au blanc et à leurs camaïeux de gris qui ont fait notre admiration dans Ibicus, son grand-œuvre chroniqué ici même il n’y a pas si longtemps.

Avec Les petits ruisseaux, Pascal Rabaté replonge pourtant son pinceau dans les "vraies" couleurs de la vie contemporaine. Celle, paisible et routinière, d’Emile et Edmond, deux vieux copains, retraités et veufs. Leur passe-temps favori : la pêche à la ligne. A priori, pas de quoi justifier le sous-titre de l’album : sex, drug and rock’n’roll ! Et pourtant…

C’est là qu’entre en scène de façon éclatante la deuxième facette du génie de Pascal Rabaté : celle de conteur hors pair. En moins de cent pages, il va tourner et retourner son lecteur dans tous les sens, multiplier les rebondissements et les changements de trajectoire sans que jamais on ne doute de la crédibilité de son récit. En un mot comme en cent, on va suivre les tribulations pépères de nos retraités comme s’il s’agissait d’un film d’action tonitruant bourré de stars liftées et d’effets spéciaux explosifs.

On y trouvera bien du sexe, de la drogue et du rock’n’roll (au moins du bon folk de derrière les fagots), mais on y trouvera aussi beaucoup d’autres choses qui nous touchent au cœur : de l’amitié, de l’amour, du rire (les textes sont de pures petites merveilles), de l’espoir, de la mort aussi… bref, de la vie ! De celle qui réconcilie avec une existence formatée et transforme l’avenir (la vieillesse) en folle espérance, en adolescence recommencée, en insouciance assumée. Alors vivement la retraite et la pêche à la ligne !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Septembre 2006
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