Untitled Document
 

     BaNDe DeSSiNée
 
RIC HOCHET
Tome 69 - L'homme de glace

Dessins de TIBET
Scénario de André-Paul DUCHATEAU

Le Lombard - 46 pages
Le 69e tome des enquêtes de Ric Hochet ne fait que confirmer la gentille ringardise dans laquelle le personnage de Tibet s'enfonce inexorablement. Un peu de sang neuf serait bienvenu.


Du classique au menu d'aujourd’hui : le dernier Ric Hochet. Enfin le dernier… La soixante-neuvième enquête pour être précis et, à mon avis, Tibet étant du genre auteur hamster, ses albums ont une furieuse tendance à se reproduire rapidement et il y en aura donc d’autres (le 70e est d'ailleurs déjà annoncé !).

Je vous ai déjà parlé de Tibet et de tout le bien que je pense de la série Chick Bill à l’humour ravageur. Mais surtout ne confondez pas Chick Bill et Ric Hochet qui, bien qu'issus du même crayon, n'ont pas grand chose à voir entre eux (sauf, encore une fois, un nombre d’albums très conséquent). Autant l’une poursuit gentiment son chemin dont les recettes intemporelles sont toujours efficaces (évidemment, je parle de Chick Bill), autant notre ami Ric Hochet est, depuis un paquet d’albums, un rien ringard…

Oui oui, je sais, je suis un peu dur, mais bon, voilà une bonne quarantaine d’années que notre ami est reporter du journal indépendant La Rafale ! Tiens, j’ouvre une parenthèse (j’aime bien ça) : ne trouvez-vous pas amusant qu’un journal indépendant s’appelle La Rafale, alors qu’une bonne partie de la presse actuelle a perdu depuis belle lurette son indépendance en se couchant sous un homme qui vend justement des Rafales !? C’est la seule pointe d’humour (involontaire ) que je trouve encore dans Ric Hochet, moi…

Ric Hochet est à La Rafale donc… Ric Hochet est un "porschiste" fidèle (voilà près de 40 ans qu’il roule dans la belle allemande, toujours jaune, mais il a tout de même changé de modèle pour rester moderne et toujours dans son époque. Choix judicieux qu’il n’a pas appliqué à sa garde robe, puisqu’il s’évertue à trimballer son éternelle veste mouchetée blanche et noire, son pantalon bleu et son polo rouge dont on peut penser qu’il a eu la bonne idée de faire fabriquer par son tailleur un sacré paquet d’exemplaires dès le début de ses aventures ! Je ne vois pas d’autre hypothèse, sachant que dans chaque album, Ric Hochet se roule par terre, saute dans tous les sens (entendez "bondit en tous sens", nous sommes dans la BD jeunesse), se fait tirer dessus, se bagarre allègrement… bref, ne fait rien pour prendre soin de ses affaires ! Il en dispose donc de plusieurs… Ha ha, moi aussi je suis un peu détective à mes heures et je me pique de résoudre de sacrées énigmes !

L’univers de Ric Hochet est à son image : quasi immuable. Le commissaire Bourdon (toujours commissaire, je rappelle que l’on n'utilise plus cette terminologie que chez Navarro sur TF1), le professeur Hermelin, une tête à baffes comme on n'en fait plus et le papa de Ric, cette vieille ex-canaille qui s’est enfin assagi pour entrer dans la série il y a maintenant quelques lustres. Seule la nièce de Bourdon, à l’origine gamine, a évolué pour devenir une jolie jeune fille, ce dont ce cochon de Ric a profité en se "maquant" avec la belle. C’est l’exception qui confirme la règle. Pas si bête le Ric !

Quel rapport avec l’album 69, alors ? Et bien c’est un Ric Hochet ! Au début, on trouve le gros vilain gourou d’une secte (très à la mode chez les scénaristes classiques, le filon des sectes en ce moment) qui fait rien qu’à embêter tout le monde et, bien sûr, Ric Hochet dont il pousse la taquinerie jusqu’à lui bousiller sa Porsche ! Comme d’habitude, nous aurons droit à une foule de rebondissements qui sont supposés faire vivre l’intrigue, mais dont, hélas, les ficelles sont toujours les mêmes (M’sieur Duchateau, faut passer à autre chose !) et ne surprennent plus que les lecteurs qui découvriraient aujourd’hui Ric Hochet… Et évidemment, Ric va gagner et corriger ce sombre escroc.

Si donc vous découvrez, ça se laisse lire car le dessin a toujours autant d’attrait. Sinon, pour les anciens, sans revenir forcément à Traquenard au Havre, la première aventure de Ric, lisez plutôt les histoires, disons des 20 premiers albums, lorsque Tibet était haut dans Tintin (à ne pas confondre avec Tintin au Tibet, rien à voir… mais ça me fait un jeu de mots vaseux dont je raffole !).

Ric Hochet, nous dit la quatrième de couverture, est un des héros favoris des 7 à 77 ans. Soyons réalistes : de 45 à 77 ans je veux bien, mais pour les plus jeunes qui viennent squatter assez souvent ma bédéthèque, j’ai pas une grosse demande… et c’est un euphémisme !

Avec tout le respect dû à Tibet (surtout pour Chick Bill et mon héros Kid Ordinn), je lui suggère de prospecter les nouveaux scénaristes (il doit bien y en avoir), afin de rajeunir notre ami Ric en lui donnant une couleur actuelle, ou bien de situer toutes les futures aventures dans un contexte des années 60/70. Il y a trop de décalage entre le look et les valeurs du héros et les scénarii sur lesquels il évolue. D’ailleurs, Hermelin et Bourdon s’en sont bien rendu compte en ne cherchant même pas à paraître dans le coup.

Sur l’eau, il faut un caillou plat (demandez à Brassens), mais dans la BD, c’est pas avec des scénarii plats qu’on fait des bons Ric Hochet…

A la prochaine !


Titi Foin
© Jowebzine.com - Novembre 2004
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés