Dessin de José-Luis MUNUERA
Scénario de Jean-David MORVAN
Dupuis - 64 pages
Le
duo de journalistes intrépides affronte de nouveaux ennemis
: des yakuzas déchaînés. Spirou et Fantasio s’exportent
au Japon et permettent aux deux nouveaux auteurs de faire un peu mieux
que les précédents essais.
C’est très difficile de faire oublier le tandem Tome
et Janry. Pour beaucoup, ces deux-là ont permis au groom reporter
Spirou de ne pas être dans la charrette des héros un
peu datés pour ne pas dire has been.
Après un Paris sur Seine décevant et L’homme qui
ne voulait pas mourir, mieux conçu mais à la fin déplorable,
les nouveaux, Morvan et Munuera, embarquent leurs héros au
pays du soleil levant.
Le voyage à l’étranger est bénéfique
pour Spirou, Fantasio et leur indispensable écureuil Spip.
La confrontation entre la culture et les journalistes a donné
d’excellentes aventures. Alors que le manga est à la
mode, Spirou a tout intérêt à porter le kimono.
Car il doit infiltrer un parc d’attractions, subventionné
par la mafia japonaise, et sauver des enfants aux pouvoirs surnaturels.
Leur ami, Itoh Kata (apparu dans la période bretonne de Fournier)
leur demande de l’aide pour que les pouvoirs des jeunes Japonais
ne servent pas à de sinistres plans.
Pendant que Spirou tente d’arranger les choses, Fantasio continue
de faire le bouffon avec un entrain incroyable. Spip, lui, commente
l’aventure et s’énerve avec le narrateur. D’ailleurs
ce dernier prend un peu trop de place. Pas besoin d’un autre
personnage, pas toujours drôle d’ailleurs. L’histoire
est assez dense et l’action, incessante.
Les auteurs ont néanmoins retenu la leçon japonaise.
Cette nouvelle aventure emprunte beaucoup au manga. C’est un
peu agaçant de voir Spirou se transformer en personnage de
Matrix. La bédé manque cruellement de second degré.
Pourtant la culture nippone offre aux auteurs de nombreuses et amusantes
références. Les auteurs ne sont pas encore à
l’aise avec l’univers de leurs personnages.
Les bambins devraient adorer. Les plus grands regretteront cette volonté
de coller à la modernité jusque dans les cadres, l’histoire
et les dessins. Cet épisode gagne en efficacité ce qu’il
perd en charme ! Ça serait bien de rectifier le tir pour le
cinquantième épisode !