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     BaNDe DeSSiNée
 
LE SECRET DE L’ETRANGLEUR
Jacques TARDI

D’après l’œuvre de Pierre SINIAC

Casterman - 84 pages
Le Paris des années cinquante en vedette du nouvel album de Tardi : pas une franche nouveauté, mais un plaisir toujours aussi intense.


Un album d’abord publié en cinq fascicules dont le prix unitaire (1,80 euro) est loin d’être négligeable. Puis un album récapitulatif qui permet à l’auteur de doubler la mise auprès de ses fidèles. Et pour couronner le tout, trois fin alternatives ajoutées à la version originale… mais sur des pages non découpées pour éviter la lecture "sauvage" des petits malins qui trouveraient qu’ils ont déjà été suffisamment taxés !

Sans écarter totalement les effets d’un début de parano, j’ai tout de même l’impression persistante que le Monsieur Marketing de Casterman est en train de prendre définitivement le pouvoir dans cette honorable maison.

Cela étant exposé, il convient de revenir à l’essentiel : la parution dans un format classique du nouveau Tardi. Les afficionados le savent depuis longtemps : le terme "nouveau" n’est d’ailleurs pas le plus adapté lorsque l’on parle du travail du grand Jacques. Même trait noir et dense, mêmes décors parisiens, mêmes années cinquante coincées entre une après-guerre difficile et des sixties frivoles.

Cet hiver-là, la capitale est empêtrée dans un brouillard persistant, un froid vif et une grève des fonctionnaires de police. Autrement dit, toutes les conditions sont requises pour que l’étrangleur de minuit passe à l’action. Et le bougre ne s’en prive pas : une victime par nuit pendant presque une semaine !

Au fil des pages, on suivra la sarabande macabre de Valentin Esbirol, auteur raté d’un polar jamais publié, bouquiniste par nécessité et assassin par amour de la belle ouvrage. Mais attention ! Pas question ici d’angoisse frissonnante ni de description morbide. C’est tout en humour et légèreté que Tardi (et Siniac) nous entraîne sur le pavé nocturne et luisant des quartiers parisiens.

On ne boudera donc pas notre plaisir de lecteur et, muni d’un coupe-papier, on ira jusqu’au bout du suspense (et de la séance de travaux manuels proposée par l’éditeur) pour découvrir les suppléments cachés après les 84 pages officiellement recensées.

Mais on ne nous ôtera pas de l’idée que, si l’on ne connaît pas encore tous les secrets de l’étrangleur de Tardi, on connaît déjà le secret de l’étrangleur… de notre porte-monnaie !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Septembre 2006
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