LES
AVENTURES DE CHICK BILL Tome 61 - La fille au père vert
TIBET
Editions Le Lombard - 48 pages
Cette
semaine, j'ai choisi de vous parler d'un grand classique de
la production annuelle de BD franco-belge : le petit dernier
Chick Bill dont, mine de rien, nous voici au 61e album... C'est
vous dire si l'on a affaire à un poids lourd.
Un peu d'histoire avec l'auteur pour commencer. Tibet est un
des piliers de la BD classique avec Chick Bill bien sur, mais
plus encore avec Ric Hochet, le détective qui renvoie
toutes les séries policières de TF1 à la
poubelle. Auteur infiniment prolifique puisque, bon an mal an,
nous voyons encore aujourd'hui apparaître dans les bonnes
librairies un album de chacune de deux séries. C'est
de la BD "classique" disais-je. Dessin très
propre, architecture du scénario quasi-immuable, type
: un gros méchant très très bête
et quatre héros aux qualités complémentaires
qui finissent au bout de 48 pages par flanquer une raclée
au vilain.
La typologie de nos héros est dailleurs intéressante,
car au fil des albums, ce sont les faire-valoir du héros
principal qui ont pris le pas sur ce dernier. Chick Bill résout
toujours tout au final, mais son petit côté propret
est devenu passablement suranné (il ne boit pas, il ne
fume pas, il ne court pas les filles, il est incapable de la
moindre pensée désagréable, il ne dit pas
de gros mots... Vous pouvez imaginer, en 2002, un cow-boy comme
çà vous ?).
A ses côtés, partageant toutes les aventures, Petit
Caniche, le gamin peau-rouge (tout aussi gentillet que Chick
Bill) et surtout... SURTOUT, le duo qui, à mon sens,
fait encore le succès de cette BD, Dog Bull le shérif
de Wood City et son adjoint Kid Ordinn. Toutes les aventures
de Chick Bill ne valent d'être lues que par l'existence
de ces deux là. Fondamentalement opposés, Dog
Bull est colérique, de mauvaise foi et persécute
inlassablement son adjoint... En plus, il est bête à
manger du foin et imbu de sa personne, bref un horrible, mais
infiniment sympathique tout de même et bonne pâte
malgré tout. Entre parenthèses, vous constaterez
que la description de Dog Bull, à l'exception des qualités,
colle assez bien à Georges W...
Kid Ordinn, c'est le soleil de la série... Un peu limité
intellectuellement (je fais dans l'euphémisme parfois),
un cur "énaurme", un peu feignasse sur
les bords tout de même (enfin c'est Dog Bull qui le dit...),
il se sort de toutes les situations à son avantage, parvient
à se transcender et à oublier sa gentillesse coutumière
dès lors que sa vision enfantine du monde se trouve bousculé
par un gros vilain (surtout si le gros vilain s'attaque à
ses amis et particulièrement à Petit Caniche...).
Ces deux-là forment une indivisible paire dont on ne
se lasse pas de suivre les pérégrinations.
Pour que la recette soit complète, vous retenez un bon
paquet de jeux de mots bien tirés par les cheveux la
plupart du temps (rien que les noms des héros... et je
ne vous parle pas des titres des albums !) et vous obtenez ce
cocktail qui fait que les aventures de Chick Bill connaissent
le succès depuis plus de 40 ans. Voilà,
je ne vous parle pas plus que çà de La fille au
père vert qui vient de paraître, vous y trouverez
tous les ingrédients que je viens de vous décrire.
Recherchez l'album... VIF ou VIF, ce sera votre récompense.