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     MuSiQueS
 
3 GUYS NEVER IN
3 Guys Never In
(Artisan/Chronowax - 2005)

1. Some girls say I'm bigger than others
2. Three guys never 'in'
3. Sinking in 'avril'
4. Antique song
5. Trains & boats & planes to hell
6. I will die in a Sunday night
7. From love to despair
8. Rock 'n' roll is nothing to me
9. Sweet lady fantasy
10. xxxxxxxxxx
11. Innocent - blind
12. I could touch the voice as I'm close to silence
On attendait depuis longtemps le premier album du trio nantais, mais on ne regrette pas notre impatience : 3 guys never in (l’album) est à la hauteur du talent de 3 Guys Never In (le groupe).


Pas vraiment des inconnus les 3 types jamais à la maison (ou jamais branchés… si l'on en croît le deuxième titre du présent album). Ceux qui ont l'oreille fine et la mémoire qui ne flanche pas se rappelleront que Innocent - blind figurait déjà, fin 2002, sur la première édition de la compile CQFD des Inrocks. Preuve que le trio nantais a de la suite dans les idées… et du talent à revendre.

On est donc heureux de les retrouver aujourd'hui avec un premier album (un maxi intitulé From love to despair, sorti entre temps, nous avait permis de patienter jusque-là), d'autant que la douzaine de titres qui le composent sont autant de chansons pop à la fois sobres, ambitieuses et cultivées. A commencer par le superbe Some girls say I'm bigger than others, reference explicite au Some girls are bigger than others des Smiths.

Mais la force des "3 garçons pas dans le vent" va bien au-delà du simple hommage. Descendant en droite ligne de New Order, Echo and the Bunnymen, Belle and Sebastian, The Divine Comedy et… Ennio Moricone (Sinking in 'avril'), ils transcendent leurs influences jusqu'à créer leur propre univers porté par la voix grave, rugueuse et pourtant sucrée de Marc Morvan. Le genre de chanteur (et auteur et compositeur !) qui "fait" la crédibilité d'un groupe.

Pour le reste, Nicolas Mayer (guitare) et Julien Lheuillier (basse) – pas de batterie chez les 3 gars, juste du "programming" – apportent leur créativité dans une recherche permanente du non-conformisme et de la trouvaille sonore qui change tout (I will die in a Sunday night). Et c'est bien là que se fait la différence avec le commun de la production indé, sans distinction d'origine : sur le terrain de la personnalité et de l'efficacité intemporelle (Rock 'n' roll is nothing to me).

Pour tout dire, ce premier album friserait presque la perfection si le dispensable Sweet lady fantasy n'était venu se glisser subrepticement dans cette magnifique collection de petits morceaux d'éternité. Erreur de jeunesse vite oubliée grâce à un somptueux final qui résonne comme un irrésistible appel à tout réécouter du début. Juste pour le plaisir.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Mars 2005



Site : www.3guysneverin.com
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