1. Venus
2. Cherry blossom girl
3. Run
4. Universal traveler
5. Mike Mills
6. Surfing on a rocket
7. Another day
8. Alpha beta gaga
9. Biological
10. Alone in Kyoto
OU
EST PASSEE L’INSPIRATION ?
A la discographie presque parfaite jusqu’ici, le duo Versaillais
Air revient avec un nouvel album, Talkie walkie qui, sans être
mauvais, n’est pas non plus une réussite.
Lorsque l’on parle de French Touch’, deux noms viennent
à l’esprit : Daft Punk et Air. Les premiers avaient
su conquérir les dance-floors de la planète en
1997 avec le très bon Homework, avant de sortir un piteux
Discovery.
Les seconds ont connu une trajectoire bien différente.
Après un premier album très confidentiel (Premiers
symptômes), le duo versaillais (composé de Jean-Benoît
Dunckel et Nicolas Godin) nous avait gratifié d’un
excellent Moon safari, qui faisait la part belle à l’électro
minimaliste. Après une collaboration des plus réussies
avec Sofia Coppola (dont il signe la BO de son premier film,
Virgin suicides), le groupe nous était revenus avec un
de ces albums marquants, intemporels et majestueux, qui font
date dans l’histoire de la musique : 10 000hz legend.
Un album pétri d’hommages et de références,
si parfait qu’on leur pardonnait presque de l’avoir
affublé d’une hideuse pochette.
Un duo peu inspiré
Ceci posé, il est évident que lorsqu’un
nouvel album d’Air est annoncé, on s’impatiente,
on attrape des sueurs froides, et on devient fébrile.
Mais tout ceci était-il bien nécessaire ? A dire
vrai, pas vraiment. Car avec Talkie walkie, Air déçoit
plus qu’il ne surprend, ennui plus qu’il ne passionne.
Et pourtant, ce nouvel album n’est pas raté. C’est
juste que Air fait du Air. De seconde catégorie.
Alors que le groupe avait su se renouveler sur 10 000hz legend,
on n’a droit ici qu’à quelques chansons fadasses,
assez faciles, qui reprennent ce qui a fait le succès
du groupe sur ses deux précédents albums.
Du très pompier Venus qui ouvre l’album, à
Run et Universal traveler (deux titres très puis trop
répétitifs), Alpha beta gaga (titre assez risible
de country-folk électro), Biological (rappelant parfois
les meilleurs moments de 10 000hz legend mais qui, sur la longueur,
ennuie profondément) et Alone in Tokyo (que l’on
retrouve également sur la bande originale de Lost
in translation, le nouveau film de Sofia Coppola), rien
de bien transcendant. Voire même pire.
On retiendra toutefois le premier single Cherry blossom girl
(dont le clip a fait scandale de l’autre côté
de l’Atlantique), à l’ambiance très
Moon safari, Surfin on a rocket au refrain lancinant, Another
day, et sa douce langueur, ainsi que la très belle balade
électro Mike Mills.
Après leur collaboration plutôt ratée en
2003 avec Alessandro Baricco sur City reading, Air rate son
retour avec un Talkie walkie non pas mauvais, mais assez fade,
mou et par moment bien peu inspiré. En somme, un album
bien loin des deux joyaux que sont Moon safari et 10 000hz legend.