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     MuSiQueS
 
LILY ALLEN
Alright, still
(EMI - 2006)

1. Smile
2. Knock em out
3. LDN
4. Everything's just wonderful
5. Not big
6. Friday night
7. Shame for you
8. Littlest things
9. Take what you take
10. Friend of mine
11. Alfie
Premier album pop et acidulé d’une jeune prodige londonienne découverte grâce à l’Internet, insolente de facilité et de diversité.


Décidément, l’Internet bouscule les plus vieilles traditions. Ainsi, depuis des décennies avait-on pris l’habitude de guetter la parution hebdomadaire du NME pour connaître le nom de la nouvelle "future big thing" sur laquelle il fallait promptement s’enthousiasmer sous peine de rater la courte fenêtre de tir qui s’offrait à nous avant la parution du numéro suivant.

Aujourd’hui, c’est l’oracle MySpace qu’il faut consulter régulièrement pour "découvrir" la météorite du jour. Et, incontestablement, Lily Allen fait partie des lauréates avec plus de cinq millions de visites l’an dernier et un premier album à la clé.

Il faut dire que la gamine (21 ans) a de qui tenir puisque papa est le comédien Keith Allen, très célèbre en Angleterre (habitué des séries télé de la BBC, c'est lui qui joue le dealer de Trainspotting, par exemple. Il a aussi écrit, avec New Order, l’hymne de l’équipe d’Angleterre de football pour le Mondial 1990) et que son meilleur ami s’appelait Joe Strummer ("On a passé toutes nos vacances ensemble, avec lui et ses enfants. Je dois beaucoup de mon éducation musicale aux cassettes de reggae et de ska que uncle Joe laissait à notre disposition"). Quant à maman, elle était chanteuse de Rip Rig & Panic aux côtés d’une certaine Neneh Cherry qui est toujours sa meilleure copine !

Son caractère bien trempé (virée de 13 collèges, elle quitte le système scolaire à 16 ans) a fait le reste. Après avoir passé son enfance à piller la discothèque familiale (exclusivement composée de vinyles) : The Clash, The Specials, The Squeeze, T.Rex… elle se met elle-même à la musique en improvisant sur des instrumentaux de reggae. Bientôt entourée de "vrais" musiciens, elle peut peaufiner ses premières compositions et mettre en avant sa voix espiègle et futée.

À l’image de cette culture personnelle nourrie de rencontres et de hasards, Alright, still est une sorte de grande salade de fruits musicaux qui mélange avec bonheur des compositions pop, soul, ska ou calypso ! Alors pourquoi ne pas profiter des derniers rayons de soleil de l’été indien que l’on n’attendait plus pour chalouper avec la belle et son irrésistible LDN, son sautillant Friday night, son Friend of mine à dreadlocks ou son émouvant Littlest things.

La petite Lily n’existera peut-être plus dans six mois ailleurs que dans nos souvenirs légers et émus, mais, après tout, les plaisirs éphémères ne sont pas forcément les moins appréciables et les textes espiègles et les mélodies acidulées de la fille à papa la plus délurée de l’été resteront comme l’un des bons souvenirs de 2006.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Septembre 2006
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