1. Smile
2. Knock em out
3. LDN
4. Everything's just wonderful
5. Not big
6. Friday night
7. Shame for you
8. Littlest things
9. Take what you take
10. Friend of mine
11. Alfie
Premier
album pop et acidulé d’une jeune prodige londonienne
découverte grâce à l’Internet, insolente
de facilité et de diversité.
Décidément, l’Internet bouscule les plus vieilles
traditions. Ainsi, depuis des décennies avait-on pris l’habitude
de guetter la parution hebdomadaire du NME pour connaître le
nom de la nouvelle "future big thing" sur laquelle il fallait
promptement s’enthousiasmer sous peine de rater la courte fenêtre
de tir qui s’offrait à nous avant la parution du numéro
suivant.
Aujourd’hui, c’est l’oracle MySpace qu’il
faut consulter régulièrement pour "découvrir"
la météorite du jour. Et, incontestablement, Lily Allen
fait partie des lauréates avec plus de cinq millions de visites
l’an dernier et un premier album à la clé.
Il faut dire que la gamine (21 ans) a de qui tenir puisque papa est
le comédien Keith Allen, très célèbre
en Angleterre (habitué des séries télé
de la BBC, c'est lui qui joue le dealer de Trainspotting, par exemple.
Il a aussi écrit, avec New Order, l’hymne de l’équipe
d’Angleterre de football pour le Mondial 1990) et que son meilleur
ami s’appelait Joe Strummer ("On a passé toutes
nos vacances ensemble, avec lui et ses enfants. Je dois beaucoup de
mon éducation musicale aux cassettes de reggae et de ska que
uncle Joe laissait à notre disposition"). Quant à
maman, elle était chanteuse de Rip Rig & Panic aux côtés
d’une certaine Neneh Cherry qui est toujours sa meilleure copine
!
Son caractère bien trempé (virée de 13 collèges,
elle quitte le système scolaire à 16 ans) a fait le
reste. Après avoir passé son enfance à piller
la discothèque familiale (exclusivement composée de
vinyles) : The Clash, The Specials, The Squeeze, T.Rex… elle
se met elle-même à la musique en improvisant sur des
instrumentaux de reggae. Bientôt entourée de "vrais"
musiciens, elle peut peaufiner ses premières compositions et
mettre en avant sa voix espiègle et futée.
À l’image de cette culture personnelle nourrie de rencontres
et de hasards, Alright, still est une sorte de grande salade de fruits
musicaux qui mélange avec bonheur des compositions pop, soul,
ska ou calypso ! Alors pourquoi ne pas profiter des derniers rayons
de soleil de l’été indien que l’on n’attendait
plus pour chalouper avec la belle et son irrésistible LDN,
son sautillant Friday night, son Friend of mine à dreadlocks
ou son émouvant Littlest things.
La petite Lily n’existera peut-être plus dans six mois
ailleurs que dans nos souvenirs légers et émus, mais,
après tout, les plaisirs éphémères ne
sont pas forcément les moins appréciables et les textes
espiègles et les mélodies acidulées de la fille
à papa la plus délurée de l’été
resteront comme l’un des bons souvenirs de 2006.