Untitled Document
 

     MuSiQueS
 
ARCHIE BRONSON OUTFIT
Derdang derdang
(Domino - 2006)

1. Cherry lips
2. Kink
3. Dart for my sweetheart
4. Got to get (your eyes)
5. Dead funny
6. Modern lovers
7. Cuckoo
8. Jab jab
9. How I sang dang
10. Rituals
11. Harp for my sweetheart
Un coup de poing en pleine face. Littéralement. L’excellente maison Domino nous en avait déjà asséné un beau avec The Kills. Elle nous achève ici avec Derdang derdang de Archie Bronson Outfit, du blues bien crade en provenance d’Angleterre.


On les croirait fous des Beatles, de pop bien ciselée comme seul les Anglais ont le secret, mais il n’en est rien. Les Archie Bronson Outfit semblent plutôt lorgner du côté du blues, celui qui, de Charley Patton à Gun Club, réveille les morts. Le chanteur psalmodie plus qu’il ne chante, les guitares sont plus frappées que jouées, la rythmique n’est rien d’autre qu’un gigantesque tatapoum ravageur, rien ici ne ressemble au boogie-blues pataud d’un Clapton grisonnant.

Avec des hymnes sombres et lourds du style Cherry lips, Got to get (your eyes) et surtout Dead funny, Archie Bronson Outfit élimine toute concurrence en empruntant des chemins bien peu foulés par les groupes opportunistes que nous sert le NME chaque semaine. Ici et là, slides hurlantes, riffs batailleurs, cris extatiques et envolées du diable sont au programme. En cela, le titre de l’album est particulièrement idoine.

Rien ne vient perturber cette machine déglinguée. Boum boum boum boum boum, inlassablement, telle une transe. ABO semble être aux commandes d’un vaisseau lancé à tout berzingue sur le Styx, dardant au passage des barbelés de guitares possédées. C’est du blues du bayou, du rock’n’roll reptilien… En tout cas, les vieilles râpes de Blind Lemon Jefferson, Son House, Leadbelly trouvent d’incroyables résonances tout au long de ce disque cahoteux, lubrique, fragile.

Les trois desperados d’ABO concluent le disque sur une note plus calme et langoureuse, qui ne sera pas sans rappeler les Kills, avec Harp for my sweetheart jouée à l’acoustique, dans la plus pure tradition johnnycashienne. En bref, un album sans artifices, sans chichis, à l’ancienne, pour un groupe pétaradant et possédé, qu’on suivra de très près. Et déjà, les White Stripes sont pris de sueurs froides…


Gabriel Pereira
© Jowebzine.com - Septembre 2006



Site : www.archiebronsonoutfit.co.uk
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés