AS
DRAGON
Va chercher la police
(Tricatel/Naïve - 2005)
1. Morte
2. Qu’en dites-vous
3. Comme je suis
4. L’alchifumiste
5. Seules à Paris
6. Corine
7. I wanna be your doll
8. Plastic hooker
9. Froide
10. Naufrages de l’ombre
11. Cloue-moi au ciel
12. Tell me
Virage
réussi ! Pour son deuxième album, AS Dragon passe
d’un rock qui râpe à une pop qui tape sans
perdre un gramme de talent pour autant.
À peine remis de la claque (sur les fesses) de leur précédent
album il y a deux ans, voilà que nos Dragons nous remettent
le couvert. On se jette dessus. Formidable surprise : Va chercher
la police n’est pas une resucée de Spanked.
Car le risque était là. Le fameux risque du second
album qui ressemble trop au premier, l’effet de surprise
en moins… Le risque que prennent tous ceux qui veulent
éviter d’en prendre, précisément,
des risques ! Spanked, plus rock que pop, c’était
l’album de l’envol d’un groupe de scène
qui venait d’intégrer dans ses rangs un phénomène
plus qu’une chanteuse, Natasha Le Jeune, l’élément
déclencheur, celle qui a fait que les 4 AS ont décidé
de couper leur cordon de backing band ombilical pour les Houellebecq,
Chamfort, Burgalat… et de devenir un vrai groupe à
part entière. Spanked, si plein d’une énergie
bienfaisante, décoiffante et rassurante, à laquelle
on s’est ressourcé sur disque et sur scène,
sonnait british par tous les bouts, textes en tête.
En ce temps-là, Natasha c’était la chanteuse
du groupe.
Va chercher la police, plus pop que rock, c’est l’album
du virage réussi, du piège évité.
Natasha y affirme sa présence en signant la plupart des
textes, sombres et troublants, en français most of the
time. Virginie Despentes - pas une experte en badinage non plus
- signe les autres. Aux musiques, très présent,
le claviériste Michael Garçon, qui donne le meilleur
de son talent de compositeur, en orientant le propos vers des
chemins pop mélodiques assez écartés de
l’orthodoxie rock’n’rollienne de base. On
pense au début des eighties, on nous fait penser à
Blondie (Comme je suis), à Jacno (Plastic hooker) et
même à Françoise Hardy (Naufragés
de l’ombre). Natasha, à l’aise dans tous
les registres, chante de mieux en mieux.
Et pour ceux qui ont peur de ne pas retrouver leurs petits dans
ce nouvel ouvrage, qu’ils soient rassurés : basse-batterie-guitare
d’exception ne sont pas au placard pour autant et se font
remarquer plus d’une fois comme on les aime, c’est-à-dire
saignantes, bien chaudes et bien relevées.
Mais maintenant, c’est AS Dragon qui est le groupe de
la chanteuse.