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     MuSiQueS
 
RICHARD ASHCROFT
Human conditions
(Hut - 2002)

1 - Check the meaning
2 - Buy it in bottles
3 - Bright lights
4 - Paradise
5 - God in the numbers
6 - Science of silence
7 - Man of a mission
8 - Running away
9 - Lord I've been trying
10 - Nature isthe law
Une fois n’est pas coutume, cette chronique se donne la double mission de vanter les mérites d’un nouvel album et de réhabiliter son auteur trop souvent décrié, jusque dans les codes html de ce web magazine culturel !

Sans perdre de temps, empoignons notre souris vengeresse et ruons-nous à la rescousse de ce pauvre Richard Ashcroft (encore que le terme soit vraisemblablement mal choisi après le succès planétaire du dernier album de son ex-groupe : The Verve). Que reproche-t-on à mon client ? D’avoir plagié "note pour note" (ah, que voilà une jolie expression faite pour impressionner les jurés !) une création du duo Jagger-Richards, The last time, et d’en avoir fait LA chanson de la saison 98/99 : Bitter sweet symphony. Moyennant quoi, procès à l’appui, mon client à dû rendre gorge et céder tous les droits générés par ce tube. Et alors ? Doit-on, pour autant, lui vouer une haine implacable ? N’a-t-il pas, dans cet exercice peu scrupuleux, été devancé par plus illustre que lui ? A-t-on déjà oublié les déboires du vénéré George Harrison surpris la main dans le sac d’un My sweet Lord de haute extraction. A-t-on oublié que les Jagger/Richards sus-nommés ont eux-mêmes attendu de sortir leur 3e album avant d’oser glisser une de leurs créations propres au milieu des reprises de chansons qui avaient connues leur heure de gloire outre-Atlantique ? Je demande donc un peu de mesure et d’indulgence. Richard Ashcroft a pêché, il a été puni, n’en parlons plus. Regardons plutôt du côté du reste de son œuvre abondante et talentueuse...

... dont la plus récente production consiste en ce Human conditions au sommaire du JWZ de cette semaine.

Oh, certes, mieux vaut le dire d’emblée, on a connu Richard Ashcroft mieux inspiré (et je ne parle pas de l’affaire évoquée plus haut), notamment avec le Alone with everybody sorti en 2000. Pourtant, Human conditions mérite que l’on prête une nouvelle fois l’oreille à cet auteur qui a son univers propre, sa personnalité et un son immédiatement reconnaissable que l’on qualifiera de rock symphonique. Beaucoup de chœurs et des nappes de violons pour rendre moelleux, confortables, des compositions à la mélodie inspirée et envoûtante.

Et l’album démarre au mieux avec le morceau phare de ce millésime, Check the meaning : les ingrédients habituels au service d’une mélodie parfaite. Ajoutez la voix de Richard Ashcroft et vous obtenez, en presque 8 minutes, un énorme succès potentiel... absolument pas formaté pour passer en radio !

Pour le reste, il faut choisir votre camp. Les amateurs du genre (j’en suis) se délecteront de chaque chanson comme d’autant de petites merveilles de chansons pop. Les autres iront directement sur les plages 6 et 7 (Science of silence et Man on a mission) pour entendre les meilleurs morceaux de l’album et sur la plage 10 (Nature is the law) pour la participation de Brian Wilson… à la direction des chœurs !
Bon, Richard, on veut bien te défendre, mais faudrait voir à laisser un peu de côté les substances hallucinogènes pour te remettre sérieusement au boulot !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Décembre 2002
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