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Album-événement des Babyshambles, nouveau
combo de l'imprévisible Pete Doherty : sympathique, mais
insuffisant pour mériter le bruit médiatique qui l'entoure.
Quoi qu'on en dise, l'habitude était prise depuis plusieurs
mois de ne recevoir de nouvelles de Pete Doherty qu'au hasard des
manchettes des tabloïds britanniques et autres torchons de
la même eau (trouble). C'est que le bougre avait choisi de
prendre au pied de la lettre la profession de foi du regretté
Ian Dury et de se vouer à la Sainte Trinité "sex
(Kate Moss), drug (cocaïne) and rock'n'roll (The Libertines)".
Si, sur le fond, rien n'a changé pour lui aujourd'hui, sur
la forme il y a un léger frémissement puisque, séparé
de Carl Barat et des Libertines (mais pas de Kate Moss – pas
dingue le gars), il nous revient tout frais (?) leader des Babyshambles
pour un album annoncé de longue date et impatiemment attendu.
Produit (le plus sobrement du monde) par Mick Jones, ex-Clash et
père spirituel du petit Pete, Down in Albion est présenté
comme la résurrection d'un génie du rock que l'on
a trop longtemps crû perdu pour la cause…
En fait de résurrection, ce premier album des Babyshambles
ressemble plutôt à l'honnête production d'un
petit groupe anglais plein de bonnes intentions, fort d'un potentiel
certain, mais encore trop brouillon et gentiment amateur pour espérer
percer sur une scène encombrée de petits Mozart érudits
et virtuoses.
Bien sûr, quelques titres comme Fuck forever (désolé…),
A'rebours, The 32nd december ou Killimangiro sortent du lot, mais
c'est surtout pour leur air de famille avec ce que l'on imagine
des sessions de répet' un peu foireuses, un peu approximatives,
des Clash première époque, quand Mick Jones portait
déjà des mélodies de grande classe mais encore
mal dégrossies tandis que Joe Strummer apprenait laborieusement
à chanter à peu près juste (Pete Doherty n'y
arrive pas encore) et que Paul Simonon se demandait pourquoi sa
"guitare" n'avait que quatre cordes…
Le résultat est certes sympathique, souvent touchant, voire
excitant ici ou là, mais insuffisant pour justifier le bruit
médiatique autour de cette quinzaine de titres présentés
comme un événement musical. Désolé,
mais à ce niveau de réputation, le CD de copains enregistré
dans le garage du paternel ne peut suffire.
Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Janvier 2006
Site : www.babyshambles.net
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