1. Because
2. Get back
3. Glass onion
4. Eleanor Rigby/Julia
5. I am the walrus
6. I want to hold your hand
7. Drive my car / The word / What you’re doing
8. Gnik nus
9. Something / Blue jay way
10. Being for the benefit of Mr Kite / I want you / Helter
skelter
11. Help !
12. Blackbird / Yesterday
13. Strawberry fields forever
14. Within you without you / Tomorrow never knows
15. Lucy in the sky with diamonds
16. Octopus’s garden
17. Lady madonna
18. Here comes the sun / The inner light
19. Come together / Dear prudence / Cry baby cry
20. Revolution
21. Back in the USSR
22. While my guitar gently weeps
23. A day in the life
24. Hey jude
25. Sgt Pepper’s lonely hearts club band
26. All you need is love
Love
is all you don’t need. Recette de la grosse daube : prenez exclusivement
d’excellents morceaux nobles, coupez-les n’importe comment
avec une lame élimée, faites mijoter en rajoutant des
restes, n’oubliez pas de trop saler, et voilà ! Bon appétit
les gogos !
L’envie m’est grande de placer chaque titre de cette play-list
entre guillemets : "Because", "Get back", etc.
tant cet indigeste mix est indigne, avec ses "nombreux effets
sonores et bruitages provenant de morceaux divers" (sic) qui
viennent grossièrement dénaturer, sans aucun respect,
un nectar de quarante ans d’âge… Quand on pense
qu’à ce jour il n’existe même pas encore
une version correcte en CD de la discographie des Beatles et qu’on
vient (Jérôme Soligny le premier !) nous présenter
cette ineptie comme - je cite : "une véritable œuvre
d’art, collage qui remet en perspective toute la saga musicale
des Beatles […] Rêve qui devient réalité
[…] Un nouvel album des Beatles" ! C’est grave.
Et bien sûr, on appelle ça Love, on met une pochette
neo-psychédélique, on le sort un mois avant Noël
avec un bon coup de ramdam médiatique et hop, par ici la monnaie
! Remarquez, je ne sais pas pourquoi je m’énerve, puisque
les deux veuves et les deux survivants, complices de la première
heure, trouvent ça génial… Où est le temps
où les fab four s’insurgeaient quand leur œuvre
était compilée sans queue ni tête ?
It was fourty years ago today : Capitol sortait aux Etats-Unis The
Beatles, Yesterday and today, une compilation mêlant des chansons
de plusieurs albums sans réelle cohésion. En réaction,
les quatre de Liverpool fournissent pour la pochette une photo d’eux-mêmes
en tenue de boucher, avec sur les genoux des poupées-baigneurs
étêtées mêlées à des morceaux
de viande… Histoire de dire "arrêtez de massacrer
nos bébés". D’abord édité telle
que, la sanguinolente "butcher cover" fera bien entendu
rapidement scandale et sera censurée, remplacée par
une photo plus anodine, collée par-dessus le premier tirage
(certains la décolleront à la vapeur pour récupérer
l’original… coté actuellement au moins 10 000 $).
Et tout ça juste pour une liste de morceaux inadéquate
!
Alors quand aujourd’hui George Martin, pervers pépère,
se met à nous mixturer du Hard-Days-Night-The-End-Get-Back,
du Black-Bird-Yesterday, du Drive-My-Car-What-Your-Doing-The-Word,
du Stawberry-Fields-Penny-Lane-In-My-Life-Piggies-Hello-Goodbye…
sans parler du Gnik Nus (Sun King à l’envers… eh
oui les amis ! Génial, pas vrai ? Et même pas beau, en
plus !), je ne comprends plus rien. Je reste plus que perplexe. J’ai
peur. Je pense à tous ces malheureux qui vont découvrir
les Beatles par l’entremise de ce carnage de supermarché.
Et je me dis que c’est dommage . Et je me dis que c’est
le signe d’une époque tellement à court d’idées
qu’elle n’hésite pas à recycler ses trésors
pour mieux les brader. Et je me dis que je suis peut-être en
train de devenir un vieux con. Et je m’en fous.
Allez, j’ai bien mérité une petite face B d’Abbey
Road pour me remettre…