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     MuSiQueS
 
BEIRUT
Gulag orkestar
(Ba Da Bing - 2006)

1. Gulag orkestar
2. Prenzlauerberg
3. Brandenburg
4. Postcards from Italy
5. Mount Wroclai (Idle days)
6. Rhineland (Heartland)
7. Scenic world
8. Bratislava
9. Bunker
10. Canals of our city
11. After the curtain
Beirut (Beyrouth en Français) fait certes une ravissante capitale du Liban où il y fait bon vivre (quoique), mais dorénavant ce joli nom se rappellera aussi à vos oreilles grâce à un jeune surdoué de 19 ans qui a eu la bonne idée de reprendre à sa sauce la musique des fanfares des pays de l’Est.

Zach Condon s’est apparemment épris de musiques balkaniques lors d’un voyage en Serbie. C’est en rentrant chez lui, aux Etats-Unis, qu’il a commencé à essayer de reproduire ce qu’il avait pu ingurgiter en Ex-Yougoslavie. Le résultat est un curieux mélange entre pop indie, telle que la pratique certains de ses collègues d’Amérique du Nord (Rufus Wainwright, Neutral Milk Hotel, etc.), et musique de fanfare (la galaxie Bregovic, Kocani Orchestar et consort).

De la musique de l’Est, il conserve les arrangements bourrés de cuivres à la chaleur communicative comme en témoignent des morceaux comme Gulag orkestar ou encore l’évocateur Bratislava. Le côté indie se retrouvera plus du côté de la ligne de chant qui va chercher des émotions plus lancinantes que celles pratiquées par les Tarafs. Car si ces derniers cherchent principalement à nous faire danser et à nous entraîner clairement à picoler et à faire la fête, Beirut se sert plus de ces arrangements traditionnels pour enrober ses chansons d’une couche emphatique et lumineuse. On regrette parfois, d’ailleurs, que le petit ne se lâche pas un peu plus et arrête de pleurnicher. Peut-être qu’un ou deux titres instrumentaux plus festifs aurait donné un peu plus de dynamique au projet.

Pour l’anecdote, on notera que le titre Mount Wroclai ressemble à s’y méprendre à Monochrom, duo que Yann Tiersen et Dominique A nous ont proposé il y a déjà quelques années…

Même s’il n’est pas parfait, Goulag Orkestra reste néanmoins assez enthousiasmant. La rencontre des deux univers est réussie et laisse augurer pour le petit Beirut d’un bel avenir. Maintenant il ne tient qu’à lui d’insuffler un peu de folie dans sa musique pour qu’elle nous devienne réellement indispensable.


Julien Goarnisson
© Jowebzine.com - Juin 2006



Site : www.beirutband.com
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