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     MuSiQueS
 
BJÖRK
Vespertine
(BIEM - 2001)
  
1 - Hidden place
2 - Cocoon
3 - It's not up to you
4 - Undo
5 - Pagan poetry
6 - Frosti
7 - Aurora
8 - An echo, a stain
9 - Sun in my mouth
10 - Heirloom
11 - Harm of Will
12 - Unison
Björk le sait (sans doute) : j’éprouve pour elle, et depuis des années, une énorme tendresse artistique, une grande admiration devant sa sincérité créative et son génie tout court. Björk est au courant (je crois) : je n’ai jamais accroché de façon intégrale et inconditionnelle à aucun de ses albums tout entier, y trouvant toujours quelques longueurs... très largement compensées par l’extraordinaire brillance de ce que j’appellerais les "morceaux maîtres" : trois ou quatre sommets musicaux à chaque fois, générateurs d’adrénaline et de frissons induits.

Björk ne m’en voudra pas (j’espère) : je n’ai pas trouvé mes "morceaux maîtres" en écoutant Vespertine.

J’ai bien cherché pourtant, utilisant mes organes auditifs dans toutes les positions possibles, retenant ma concentration au maximum pendant les 55 minutes 41 secondes de l’œuvre, renouvelant l’opération à différents moments de la journée, dans la chambre, dans la voiture, sur la chaîne du salon et même dans la salle de bain... Mais non, pas de frisson. Et croyez-moi, c’est dur à vivre pour un homme aussi. Une heure d’efforts et d’attentions à chaque coup, pour finalement rester sur le carreau !

Bien sûr, l’ensemble est loin d’être déplaisant. C’est riche, intéressant, travaillé, fignolé... jusqu'à la sophistication. Et c’est peut-être ça qui cloche finalement. La technique et la recherche ont pris le pas sur l’émotion. Il paraît que les morceaux ont été enregistrés et mixés concomitamment dans plusieurs pièces remplies d’ingénieurs et que la Castafjord allait de-ci de-là picorer, distribuer des idées...

Eh bien, au final, ça se ressent : comme un manque de spontanéité ou quelque chose d'approchant. Les morceaux s’enchaînent les uns aux autres de façon assez uniforme, sans le relief habituel. Björk susurre plus qu’elle ne chante ses berceuses cajolinées, enluminées de bruitages pas toujours justifiés. C’en est presque agaçant. Quant au joli carillon du sixième morceau, Frosti, demandez à Yann Tiersen s’il n’a pas l’impression d’avoir oublié ses bandes dans un des studios...

Alors, déçu ?
Oui, un peu quand même. Tu sais, Björk, je vais te l’avouer : à la dernière écoute, je me suis endormi avant la fin... Vespertine, tu me diras, c’était prémonitoire... Alors, bonne nuit et à demain !


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Octobre 2001
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