1 - Hidden place
2 - Cocoon
3 - It's not up to you
4 - Undo
5 - Pagan poetry
6 - Frosti
7 - Aurora
8 - An echo, a stain
9 - Sun in my mouth
10 - Heirloom
11 - Harm of Will
12 - Unison
Björk
le sait (sans doute) : jéprouve pour elle, et depuis
des années, une énorme tendresse artistique, une
grande admiration devant sa sincérité créative
et son génie tout court. Björk est au courant (je
crois) : je nai jamais accroché de façon
intégrale et inconditionnelle à aucun de ses albums
tout entier, y trouvant toujours quelques longueurs... très
largement compensées par lextraordinaire brillance
de ce que jappellerais les "morceaux maîtres"
: trois ou quatre sommets musicaux à chaque fois, générateurs
dadrénaline et de frissons induits.
Björk ne men voudra pas (jespère) :
je nai pas trouvé mes "morceaux maîtres"
en écoutant Vespertine.
Jai bien cherché pourtant, utilisant mes organes
auditifs dans toutes les positions possibles, retenant ma concentration
au maximum pendant les 55 minutes 41 secondes de luvre,
renouvelant lopération à différents
moments de la journée, dans la chambre, dans la voiture,
sur la chaîne du salon et même dans la salle de
bain... Mais non, pas de frisson. Et croyez-moi, cest
dur à vivre pour un homme aussi. Une heure defforts
et dattentions à chaque coup, pour finalement rester
sur le carreau !
Bien sûr, lensemble est loin dêtre déplaisant.
Cest riche, intéressant, travaillé, fignolé...
jusqu'à la sophistication. Et cest peut-être
ça qui cloche finalement. La technique et la recherche
ont pris le pas sur lémotion. Il paraît que
les morceaux ont été enregistrés et mixés
concomitamment dans plusieurs pièces remplies dingénieurs
et que la Castafjord allait de-ci de-là picorer, distribuer
des idées...
Eh bien, au final, ça se ressent : comme un manque de
spontanéité ou quelque chose d'approchant. Les
morceaux senchaînent les uns aux autres de façon
assez uniforme, sans le relief habituel. Björk susurre
plus quelle ne chante ses berceuses cajolinées,
enluminées de bruitages pas toujours justifiés.
Cen est presque agaçant. Quant au joli carillon
du sixième morceau, Frosti, demandez à Yann Tiersen
sil na pas limpression davoir oublié
ses bandes dans un des studios...
Alors, déçu ?
Oui, un peu quand même. Tu sais, Björk, je vais te
lavouer : à la dernière écoute, je
me suis endormi avant la fin... Vespertine, tu me diras, cétait
prémonitoire... Alors, bonne nuit et à demain
!