THE BLACK CROWES
Freak’n’roll into the fog
(Eagle – 2006)
1. (Only) halfway to everywhere
2. Sting me
3. No speak no slave
4. Soul singing
5. Welcome to the goodtimes
6. Jealous again
7. Space captain
8. My morning song
9. Sunday night buttermilk waltz
10. Cursed diamond
11. She talks to angels
12. Wiser time
13. Non fiction
14. Seeing things
15. Hard to handle
16. Let me share the ride
17. Mellow down easy
18. Remedy
19. The night they drove ol' Dixie down
Les
Black Crowes se sont séparés, il y a quelque temps.
Pour beaucoup, ce ne fut pas une perte. Responsables de trois premiers
albums fantastiques, les oiseaux d’Atlanta sont tombés
dans tous les travers du bon vieux groupe de rock’n’roll.
La rupture était inévitable. Tel le phénix, le
groupe renaît sur les scènes américaines. Ce double
live prouve que leurs envolées ont encore du bon !
C’était au début des années 90. Le son
sudiste n’avait plus la cote. Les barbus de ZZ Top se fourvoyaient
dans des compositions pleines de synthétiseurs. Lynyrd Skynyrd
était un lointain souvenir et le blues rock se limitait à
la guitare fadasse de Gary Moore.
Puis sont apparus les Black Crowes. Toxiques, électriques,
puissants, les Black Crowes ont défendu un rock poilu, généreux
et débridé, sans les solos héroïques qui
caractérisent le genre jusqu’au ridicule.
Les fans de rock pur et dur furent rassurés. Cela, hélas,
n’a duré qu’un temps. Le star-system, les engueulades
légendaires entre les deux frères Robinson (Chris le
chanteur contre Rich le guitariste) et les excès en tout genre
ont vidé l’inspiration des corbeaux.
Une dizaine d’années plus tard, le groupe disparaît
dans l’indifférence. Cependant de temps à temps,
les musiciens font la paix pour des concerts choisis et rares. Au
fil du temps, ces rendez-vous sont devenus inestimables.
Qu’est ce que l’on y trouve dans ces concerts ? Un bon
vieux rock, entre soul endiablé et blues énervé.
Les Robinson ont toujours écrit comme s’ils étaient
dans les années 70. Le chanteur rappelle un Mick Jagger désarticulé
et vénéneux. Le frangin reste un ombrageux guitariste
rarement souriant mais doué pour multiplier les riffs irrésistibles
! Sincères dans leur démarche, les Black Crowes ressemblent
plus à des amoureux de Led Zeppelin qu’un ersatz d’Aerosmith.
Cet enregistrement d’un concert à San Francisco hérisse
les poils de tout amateur de rock’n’roll. Le groupe se
reforme pour deux heures d’un show vertigineux où toutes
les périodes du groupe sont visitées avec une envie
retrouvée.
D’ailleurs la résurrection a lieu de fort belle manière
avec le retour du guitariste Marc Ford, viré puis exilé
chez Ben Harper. Avec Rich Robinson, ils forment un duo exceptionnel.
Leurs guitares prolongent jusqu’à l’extase des
chansons survoltées. Soul singing, My morning song, Non fiction,
Hard to handle ou Let me share the ride sont des morceaux de bravoure
qui ont le mérite de ne jamais ennuyer. Au contraire, avec
des cuivres et des choristes, le disque nous permet de redécouvrir
le groupe et ses racines roots et chaleureuses. Les Black Crowes sont
morts. Vive les Black Crowes !