1. We are not stars
2. When I’m over you
3. Lies lies lies
4. The fox in winter
5. Ava
6. Song for someone
7. You’re not alone
8. Native New Yorker
9. Tropic of Cancer
10. Travelling
11. We couldn’t decide
12. The end of the affair
13. Coming home
MELODIQUE
MELANCOLIQUE
À la recherche désespérée d’un
fantôme d’amour dans la brume irlandaise. Perry
Blake jamais meilleur que quand il est triste.
S’appelait-elle Ava ? On peut penser que oui, en écoutant
le magnifique cinquième morceau. En tout cas, c’est
bien une fille qui a replongé l’humeur de Perry
Blake dans le mélancolisme dont il s’était
pourtant sorti avec son assez sautillant - et répétitif
- précédent album (California, en 2002). Et c’est
triste à dire, mais on a presque envie de la remercier,
la fille, d’avoir fait tant de mal à notre romantique
irlandais. Oiseau blessé, reclus dans son petit cottage
perdu dans la forêt du comté de Leitrim (réputé
pour être la région la moins peuplée d’Europe),
Kieran Gorman (c’est son vrai nom) est allé confier
au vieux piano de son enfance son mal de vivre, ses états
d’âme et ses rêveries désespérées.
Et, comme le lierre dans le jardin, ce sont de merveilleuses
mélodies qui sont venues entrelacer les petits poèmes
tristes qui sortaient du cœur de notre solitaire éconduit.
Tendres et sensibles, les chansons émeuvent par leur
pureté et leur délicatesse. C’est aussi
une voix profonde et changeante (Perry Blake double souvent
en aigu sa ligne de chant - assez mâle à la base
- ou il alterne grave/aigu, comme s’il jouait les deux
rôles homme/femme, selon qu’ils communient ou qu’ils
s’affrontent) mêlée à de très
fins arrangements (petite formation à cordes, petite
formation de cuivres, guitares, claviers et même électronique)
qui leur donnent tout ce corps et tout ce cachet. Un seul morceau
faible… et encore, c’est une reprise (Native New
Yorker, à la sauce crooner saugrenue). Pour le reste,
on est conquis par la qualité des mélodies et
par leur interprétation extrêmement touchante et
inspirée.
Tout cela devrait bien donner envie à une fille d’aller
consoler ce vieux garçon de 33 ans dans son ermitage
du Nord Ouest de l’Irlande, non ? Il vous faudra vous
rendre, très exactement, dans le petit village de Dromahair.
Sa maison est difficile à trouver, mais vous avez des
chances de le rencontrer au pub à l’heure du déjeuner
ou en soirée sur la plage déserte, chaussé
de bottes jaunes de pêcheur. Par contre, si tout se passe
bien - grâce à mes infos confidentielles -, soyez
sympa : d’ici quelques mois, laissez-le tomber de façon
inattendue et cruelle… On aimerait bien un prochain album
aussi beau !