PERRY BLAKE
The crying room
(Blu Orchard Music / Warner - 2006)
1. The crying room
2. Forgiveness
3. Freedom
4. These young dudes
5. I got what I wanted
6. If you don’t want me
7. New year’s wish
8. Storms
9. Blue sky calling
Retour
de Perry Blake, Irlandais romantique dont nous applaudîmes le
splendide Songs for someone
en 2004 (carrément mon disque de cet été-là,
en dépit de ses ambiances brumeuses… plaisant contraste,
s’il en est - il faut dire que plusieurs morceaux flirtaient
sérieusement avec la notion de "chanson parfaite"-).
Largué par Naïve, notre solitaire a choisi de créer
son propre label pour gagner en liberté et en indépendance.
Le tout localisé à Dromahair, Co.Leitrim, Eire, son
coin perdu à lui, où il a sa maison.
Son disque, c’est lui-même qui me l’a donné.
Mi-février, à l’issue du concert de Brisa
Roché au Café de la Danse, dans la salle désertée.
On a discuté un moment et… il m’a sorti de sa poche
cet album pas encore paru à l’époque. Rencontre
très touchante avec un homme tel qu’on le ressent dans
ses œuvres : calme, solitaire, profond et réfléchi.
Côté traduction, The crying room n’a rien à
voir avec notre franchouillard "bureau des pleurs" : elle
désigne une petite pièce dans les églises d’Irlande
où on isolait les enfants qui braillaient durant l’office.
Autrefois classifié dans la veine trip-hop pour la fine utilisation
qu’il faisait des machines dans ses morceaux, Perry Blake persiste
ici dans la voie dépouillée d’une pop délicate,
douce et mélodique qui correspond le mieux à sa personnalité
et à son talent. Sa voix magnifique, ses arrangements subtils,
la façon qu’il a de nous concocter ces petits moments
de bonheur triste dont il a le secret… Tout est formidablement
présent dans ce nouvel opus qu’on prend plaisir à
déguster comme un vieux cognac l’hiver au coin du feu.
Propice à la rêverie, recueilli, gorgé de finesse,
intense et envoûtant, c’est un album en dehors du temps
qui ne s’écoute pas à la va-vite ou en fond musical.
Peut-être un ton moins fort, moins riche et moins poignant que
le précédent (mais c’était un chef d’œuvre
!) The crying room conforte toutefois Perry Blake dans son statut
de musicien de l’âme, du cœur, du beau et de la mélancolie.