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     MuSiQueS
 
BLOC PARTY
Silent alarm
(V2 - 2005)

1. Like eating glass
2. Helicopter
3. Positive tension
4. Banquet
5. Blue light
6. She's hearing voices
7. This modern love
8. Pioneers
9. Pric eof gas
10. So here we are
11. Luno
12. Plans
13. Compliments
Les voilà enfin, le plus gros buzz depuis Franz Ferdinand, l'avenir du rock, le futur plus grand groupe du monde (du premier trimestre 2005), j'ai nommé Bloc Party !


La vie, ça peut être simple comme une démo. Par exemple, celle que les quatre Bloc Party ont eu la bonne idée d'envoyer aux Franz Ferdinand en 2003, alors que ces derniers n'étaient encore que de (très) prometteurs espoirs de la musique indé. Chouette idée : Kele Okereke et sa bande étaient illico invités à partager la scène des "archiducs" écossais !

Deux ans plus tard, si la tendance ne s'est pas encore inversée (les Franz Ferdinand ont encore une bonne longueur d'avance), Bloc Party fait une entrée fracassante dans la cour des grands avec une étiquette lourde à porter : meilleurs espoirs masculins dans la catégorie "Génies millésimés".

Le seul hic, c'est qu'en fait de millésime, celui de Bloc Party est des plus évidents. Outre la voix de Kele Okereke dont on jurerait, sur certains morceaux, qu'elle est directement samplée sur des chutes de studio de Robert Smith, les compositions du groupe doivent beaucoup à leurs ancêtres new wave (The Cure, justement, mais aussi Echo and the Bunnymen ou les Pixies) et à leurs afficionados contemporains, au premier rang desquels on retrouve Radio 4, The Killers ou… Franz Ferdinand.

Pourtant, à la différence de son mentor écossais, Bloc Party a choisi pour ses chansons de suivre la voix de la complexité et de l'originalité. Autant Franz Ferdinand a su épurer ses morceaux jusqu'à n'en conserver que l'essence, la substantifique moëlle, celle qui frappe fort et juste dès la première écoute, autant Bloc Party a fait le choix de la richesse d'écriture et d'arrangement, de l'incertitude des constructions mélodiques et de l'invention permanente.

C'est donc sur ce terrain, finalement peu exploré, que l'on appréciera le mieux l'alchimie entre quatre musiciens complémentaires ("Le batteur Matt a une sensibilité très rock and roll, le guitariste Russel Lissak prèfère les mélodies bien ficelées, le bassiste écoute plutôt du hardcore, quant à moi, j’adore la dance." Déclarait récemment Kele Okereke) qui ne sont jamais là où on les attends, et en tout cas pas sur la recherche du tube à tout prix.

Il n'en reste pas moins qu'une fois goûté, le poison de Silent alarm est fatal. Ecoute après écoute il laisse découvrir de nouvelles richesses, de nouvelles trouvailles, de nouvelles enluminures qui avaient, la première fois, été submergées par le sens mélodique des morceaux.

Si, contrairement à certains confrères, on ne place pas d'emblée Bloc Party sur la plus haute marche du podium, on n'en conseille pas moins vivement ce premier album qui laisse entrevoir ce supplément d'âme et d'originalité qui manque un peu à ses concurrents.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Mars 2005
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