BLONDE
REDHEAD
Misery is a butterfly
(4AD / Beggars - 2004)
1. Elephant woman
2. Messenger
3. Melody
4. Dol lis mine
5. Misery is a butterfly
6. Falling man
7. Anticipation
8. Maddening cloud
9. Magic moutain
10. Pink love
11. Equus
Quatre
ans après leur dernier album, les Blonde Redhead sont
de retour avec un nouvel opus où la pop règne
en maîtresse. Comme le groupe, à l’apogée
de son art.
Nous sommes en 1993. Nirvana est à son apogée,
Sonic Youth a sorti quelques mois plus tôt le génial
Dirty, le rock est sur toutes les ondes de radios, de Fun à
Skyrock.
C’est à cette époque bénie que Kazu
Makino, Maki Takahashi (deux étudiants Japonais en arts)
et les jumeaux Pace (Simone et Amedeo) se rencontrent par hasard
dans un restaurant italien de New-York. Et sympathisent. De
cette rencontre naîtra un des groupes les plus intéressants
des dix dernières années. Un groupe, souvent comparé
à ses débuts à de "jeunes Sonic Youth".
Dès le départ, le groupe se fait un nom dans le
milieu de la scène rock-indé. Et enfonce le clou
en 2000 avec Melody of certain damaged lemons, album ô
combien parfait de rock arty.
Quatre ans plus tard, revoilà les Blonde Redhead sur
le devant de la scène avec un nouvel album, Misery is
a butterfly, titre assez révélateur de la tonalité
générale du disque (comprendre : ça ne
transpire pas la joie de vie). Cette fois-ci encore, le quatuor
surprend son auditoire en changeant de cap. Adieu le rock indé,
bonjour la pop belle et raffinée.
L’album s’ouvre sur quelques notes de guitares sèches,
avant que la mélodie entêtante et oppressante d’Elephant
woman n’arrive. Les cordes côtoient percussions
et autres clavecins. Une musique sur laquelle vient se placer
la voix de Kazu, une voix qui en agacera certainement beaucoup
de par son timbre particulièrement aigu, mais qui en
ravira bien plus encore.
Cet Elephant woman n’est pourtant qu’une mise en
bouche. Car si ce titre est déjà parfait, que
dire alors des Messenger (ou Simone reprend le flambeau au niveau
vocal), Melody (chanson assez douce aux arrangements somptueux),
Pink love (grandiloquente) ou le titre éponyme (sommet
du disque). Des moments merveilleux, un voyage parfait entre
rock et pop.
On a l’impression de côtoyer des Mercury Rev qui
auraient rajouté un peu de rock dans leur moteur. On
se surprend à noter quelques arrangements que n’aurait
pas renié notre grand Serge national. Au détour
de quelques notes, on jurerait reconnaître Goldfrapp et
les Flaming Lips. Bref, un régal sonore. Le tout, particulièrement
bien produit.
Faire la liste de toutes les qualités intrinsèques
de cet album prendrait du temps, beaucoup trop de temps. L’auteur
de ces lignes ne s’y risquera pas, laissant au lecteur
le soin de se plonger dans le monde de ce Misery is a butterfly,
monde assez onirique, mélancolique mais si voluptueux
à la fois.
L’accouchement de cet album fut assez difficile raconte
t’on ici et là. Mais comme l’explique si
bien le titre, la souffrance n’est qu’un papillon,
à savoir quelque chose qui ne dure pas longtemps et qui
s’éteint assez vite. Une souffrance qui partira
encore plus vite à l’écoute de cet album,
quasi chef d’œuvre d’un groupe à la
tonalité variable mais à la qualité irréprochable.