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     MuSiQueS
 
BLONDIE
The curse of Blondie
(Epic - 2003)

1. Shakedown
2. Good boys
3. Undone
4. Golden rod
5. Rules for living
6. Background melody
7. Magic
8. End to end
9. Hello Joe
10. The tingler
11. Last one in the world
12. Diamond bridge
13. Desire brings me back
14. Songs of love
15. Good boys (remix)
Blondie nous livre un album entraînant, mais sous les riffs de guitare et sous les tatapoum de batterie, se cachent tristesse et mélancolie.


On s’en voudrait d’imposer un cours de révision aux enfants du rock, mais le dernier Blondie vient de sortir et il faut rappeler que ce groupe mérite de durer. Debbie Harry n’est peut-être plus la sublime bombe blonde du début des années 80. Cependant, elle a préservé son organe et son intérêt pour la musique urbaine. Et Chris Stein, son compagnon, est un guitariste hors pair.

Ces deux-là, figurez-vous, se sont rencontrés en 1974 pour former Blondie, lui ancien hippie, elle ancienne Bunny chez Play Boy. L’année suivante, se sont adjoints au groupe le batteur Clem Burke et Jimmy Destri aux claviers. Mais il a fallu attendre 1979 et la chanson Dennis pour qu’ils décrochent leur premier hit dans les Charts anglais. Le groupe a fait six albums, connu des succès mondiaux tels que Atomic ou Heart of glass. Il a été assimilé au célèbre club CBGB de New York et les historiens du rock l’ont classé dans le versant pop du punk et de la new wave. Du punk, leurs premiers titres avaient la rapidité sans fioriture. De la new wave, ils possédaient l’ironie et une légère distance.

Debbie Harry, si l’on regarde ses anciens clips, on se rend compte qu’elle est l’antithèse des Lara Fabian, des Jeanne Mas ou des Isabelle Boulay, ces glottes qui frôlent l’ultrason en bramant leurs peines de cœur. Debbie, elle, était divinement belle, mais elle chantait sans en faire tout un plat. Des fois, elle avait même l’air de s’en foutre. Et on la respectait pour cette attitude.

À la fin des années 80, le groupe s’est séparé. Chris Stein était atteint d’une grave maladie génétique et Debbie l’a soigné jusqu’à ce qu’il soit retapé. Entre temps, elle a fait des albums solo et joué au cinéma chez David Cronenberg ou John Waters. Ils sont réapparus en 1999 avec l’album No exit, le single Maria et on s’est rendu compte qu’on ne les avait jamais oublié et qu’on était content de les retrouver.

Quatre ans après, les revoilà. Une écoute rapide les dessert. Il faut écouter The curse of Blondie au moins deux ou trois fois avant de saisir la variété des titres, avant d’aller au-delà d’un habillage parfois clinquant. Écouter cet album équivaut à boire du Schweppes. Il faut attendre que le nombre de bulles diminue. Ça pétille trop. Ensuite, on se laisse envoûter par la légère amertume du goût.

Ils ne sont pas sérieux les Blondie. 14 titres à leur âge (Debbie a 55 ans et les autres sont de la même génération), ça frôle la frénésie. Ou alors ils ont la volonté de ressembler à un grand magasin dans lequel on trouve de tout. Du rap, de la techno et surtout d’accrocheuses mélodies.

Rules for living ou Last one in the world sont à mon sens des perles absolues. La nostalgie y affleure et vous donne envie de fredonner. On pourra toujours pinailler que The curse of Blondie est inégal. Franchement, toutes les chansons vous rentreront dans le cortex, à un moment ou à un autre.

Et puis Debbie Harry a longtemps incarné un fantasme absolu de beauté classique et vulgaire en même temps. Aujourd’hui elle est la maman rock’n’roll qu’on aimerait avoir. Dis maman, comment as-tu survécu aux années Disco, au Sida et à toutes ces horreurs ?


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Novembre 2003
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