1. Shakedown
2. Good boys
3. Undone
4. Golden rod
5. Rules for living
6. Background melody
7. Magic
8. End to end
9. Hello Joe
10. The tingler
11. Last one in the world
12. Diamond bridge
13. Desire brings me back
14. Songs of love
15. Good boys (remix)
Blondie
nous livre un album entraînant, mais sous les riffs de
guitare et sous les tatapoum de batterie, se cachent tristesse
et mélancolie.
On s’en voudrait d’imposer un cours de révision
aux enfants du rock, mais le dernier Blondie vient de sortir
et il faut rappeler que ce groupe mérite de durer. Debbie
Harry n’est peut-être plus la sublime bombe blonde
du début des années 80. Cependant, elle a préservé
son organe et son intérêt pour la musique urbaine.
Et Chris Stein, son compagnon, est un guitariste hors pair.
Ces deux-là, figurez-vous, se sont rencontrés
en 1974 pour former Blondie, lui ancien hippie, elle ancienne
Bunny chez Play Boy. L’année suivante, se sont
adjoints au groupe le batteur Clem Burke et Jimmy Destri aux
claviers. Mais il a fallu attendre 1979 et la chanson Dennis
pour qu’ils décrochent leur premier hit dans les
Charts anglais. Le groupe a fait six albums, connu des succès
mondiaux tels que Atomic ou Heart of glass. Il a été
assimilé au célèbre club CBGB de New York
et les historiens du rock l’ont classé dans le
versant pop du punk et de la new wave. Du punk, leurs premiers
titres avaient la rapidité sans fioriture. De la new
wave, ils possédaient l’ironie et une légère
distance.
Debbie Harry, si l’on regarde ses anciens clips, on se
rend compte qu’elle est l’antithèse des Lara
Fabian, des Jeanne Mas ou des Isabelle Boulay, ces glottes qui
frôlent l’ultrason en bramant leurs peines de cœur.
Debbie, elle, était divinement belle, mais elle chantait
sans en faire tout un plat. Des fois, elle avait même
l’air de s’en foutre. Et on la respectait pour cette
attitude.
À la fin des années 80, le groupe s’est
séparé. Chris Stein était atteint d’une
grave maladie génétique et Debbie l’a soigné
jusqu’à ce qu’il soit retapé. Entre
temps, elle a fait des albums solo et joué au cinéma
chez David Cronenberg ou John Waters. Ils sont réapparus
en 1999 avec l’album No exit, le single Maria et on s’est
rendu compte qu’on ne les avait jamais oublié et
qu’on était content de les retrouver.
Quatre ans après, les revoilà. Une écoute
rapide les dessert. Il faut écouter The curse of Blondie
au moins deux ou trois fois avant de saisir la variété
des titres, avant d’aller au-delà d’un habillage
parfois clinquant. Écouter cet album équivaut
à boire du Schweppes. Il faut attendre que le nombre
de bulles diminue. Ça pétille trop. Ensuite, on
se laisse envoûter par la légère amertume
du goût.
Ils ne sont pas sérieux les Blondie. 14 titres à
leur âge (Debbie a 55 ans et les autres sont de la même
génération), ça frôle la frénésie.
Ou alors ils ont la volonté de ressembler à un
grand magasin dans lequel on trouve de tout. Du rap, de la techno
et surtout d’accrocheuses mélodies.
Rules for living ou Last one in the world sont à mon
sens des perles absolues. La nostalgie y affleure et vous donne
envie de fredonner. On pourra toujours pinailler que The curse
of Blondie est inégal. Franchement, toutes les chansons
vous rentreront dans le cortex, à un moment ou à
un autre.
Et puis Debbie Harry a longtemps incarné un fantasme
absolu de beauté classique et vulgaire en même
temps. Aujourd’hui elle est la maman rock’n’roll
qu’on aimerait avoir. Dis maman, comment as-tu survécu
aux années Disco, au Sida et à toutes ces horreurs
?