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     MuSiQueS
 
BLUR
Blur
(Parlophone - 1997)

1. Beetlebum
2. Song 2
3. Country sad ballad man
4. M.O.R.
5. On your own
6. Theme from retro
7. You’re so great
8. Death of a party
9. Chinese bombs
10. I’m just a killer for you love
11. Look inside America
12. Strange news from another star
13. Movin’ on
14. Essex dogs
En 1997, après deux ans d’absence, Blur revient avec un album éponyme qui marque une franche rupture avec leurs quatre précédents opus.


Tout va bien pour Blur ? A en regarder la civière fonçant dans un ascenseur qui orne la pochette, on peu croire que non. En 1995, après The great escape, album terminant leur trilogie brit-pop, Blur est encore considéré comme un groupe à minettes, des textes et des instrumentations complexes plaquées sur une pop délicieuse. Donc, en 1995, le chanteur Damon Albarn sombre dans la dépression et le guitariste Graham Coxon peine à sortir de problèmes d’alcoolisme. Là où le groupe aurait pu laisser sa peau, il n’en ressort que grandit. En effet, Damon part en Islande se refaire une santé, Graham se soigne définitivement, et les deux têtes pensantes font repartir Blur sur de nouvelles bases.

Dans ce disque, le groupe fait comme chez Monsieur Propre en nettoyant tout du sol au plafond, et révèle son vrai visage, plus sombre, plus abrupt, celui d’une formation qui doute, qui ne se cache plus derrière des personnages et qui parle enfin d’elle (comme en témoigne le titre de l’album Blur, mais pour éviter la confusion avec le groupe, on peut parler d’album orange). Ils dégraissent alors leur musique, ôtent violons, cuivres et reviennent à leurs guitares, basses, batteries. Attention, même si l’album possède un côté artisanal, Blur agrémente ses chansons d’effets sonores et de vocodeurs, de la noisy grand public en quelque sorte. Car après leurs précédentes pop songs (où planaient déjà les prémices de cet opus-la, cf. Stereotypes et le single Popscene) où le groupe rendait hommage aux Kinks ou à XTC, Blur se tourne vers l’Amérique et Sonic Youth (Essex dogs), les Ramones (Chinese bombs), Beck (Country sad ballad man), le grunge (Song 2), le trip-hop (Death of a party) ou encore le lo-fi (You’re so great, écrite et interprétée par Graham Coxon). De plus, comble du luxe, les quatre musiciens s’offrent M.O.R., chanson composée par le tandem David Bowie/Brian Eno.

Blur, album des paradoxes (artisanal et électronique, s’ouvrant à quantités d’influences et finalement si personnel), est, avec son antithèse The great escape, à se procurer d’office. Ne partageant presque rien avec ce dernier (fini la pop mélodieuse et place au rock revêche), Blur tourne une page, mais quelle page !


Benoît Fontan
© Jowebzine.com - Août 2004



PS. deux excellents sites pour découvrir plus en détail ce groupe, www.magicblur.net et www.deathofaparty.fr.st
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