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     MuSiQueS
 
DAVID BOWIE
Bowie at the Beeb
(EMI - 2000)

CD 1
1 - In the heart of the morning
2 - London bye ta ta
3 - Karma man
4 - Silly boy blue
5 - Let me sleep beside you
6 - Janine
7 - Amsterdam
8 - God knows I'm good
9 - The width of a circle
10 - Unwashed and somewhat slighlty dazed
11 - Cygnet commitee
12 - Memory of a festival
13 - Wild eyed boy from freecloud
14 - Bombers
15 - Looking for a friend
16 - Almost grown
17 - Kooks
18 - It ain't easy

CD 2
1 - The supermen
2 - Eight line poem
3 - Hang on to yourself
4 - Ziggy stardust
5 - Queen bitch
6 - Waiting for the man
7 - Five years
8 - White light/white heat
9 - Moonage daydream
10 - Hang on to yourself
11 - Suffragette City
12 - Ziggy stardust
13 - Starman
14 - Space oddity
15 - Changes
16 - You pretty things
17 - Andy Warhol
18 - Lady stardust
19 - Rock'n'roll suicide

CD 3
1 - Wild is the wind
2 - Ashes to ashes
3 - Seven
4 - This is not America
5 - Absolute beginners
6 - Always crashing in the same car
7 - Survive
8 - Little wonder
9 - Man who sold the world
10 - Fame
11 - Stay
12 - Hello spaceboy
13 - Cracked actor
14 - I'm afraid of americans
15 - Let's dance
Ne vous fiez pas au titre : ce disque n’a strictement rien à voir avec le biberon de David Bowie. Même si en 1968 l’homme n’était pas bien vieux, même si sa carrière n’en était qu’à ses premiers pas, Bowie at the Beeb n’a quand même pas pour traduction Bowie au biberon. The Beeb, en Angleterre, c’est simplement le gentil surnom attribué à la BBC, la radio. Car à l’époque, les artistes anglais se produisaient à la BBC, en direct, dans des émissions comme John Peel in Top Gear, The sunday show ou Sounds of the 70’s. Et, Dieu merci, les bandes ont été conservées, témoignages inestimables de la richissime et magique période pop-rock!

Ici, on retrouve tout d’abord, le 13 mai 1968, un jeune homme de 21 ans, fraîchement débaptisé Jones pour Bowie, qui entre dans le métier par la porte de la variété proprette, légèrement démodée.
Et pourtant, si on approfondit l’écoute, on identifie déjà dans une intonation, un timbre, une mélodie, les fondamentaux qui feront bientôt sa gloire et notre plaisir.

Tout le premier disque pourrait être sous-titré "la genèse" (ou "les préliminaires"). On sent, au fil des séances (entre mai 68 et juin 71) se mettre en place la voix, le style, le groupe, le son. Tony Visconti - futur producteur des albums de légende - est déjà là, à la basse. Puis Mick Ronson - guitariste mythique des Spiders from Mars - fait son apparition à la guitare. Quelques morceaux destinés aux tout proches chefs-d’œuvre (la série The man who sold the world - Hunky dory - Ziggy stardust - Aladdin sane) sont livrés ici, en avant-première et c’est vraiment très excitant à écouter. Qu’on soit fan ou néophyte, d’ailleurs. Car je recommande chaudement à qui souhaite découvrir Bowie d’aller téter ce Beeb plutôt que ces médiocres compilations proposées par ailleurs : l’approche sera dix fois meilleure, plus sérieuse et plus satisfaisante.

Attaquons le deuxième disque, que je sous-titrerai "l’envol" (ou... je sais pas moi, qu’est qu’il y a normalement après les préliminaires...). Entre septembre 71 et mai 72, la BBC peut se vanter d’avoir accueilli sur ses ondes plusieurs performances historiques, versions extrêmement enthousiasmantes du gratin des albums ci-dessus, avec en prime deux reprises de Lou Reed/Velvet Underground pas piquées des hannetons. C’est vraiment fabuleux. C’est vraiment Bowie, en pleine forme, avec son meilleur groupe, sa meilleure inspiration, ses meilleurs morceaux. Ah la la, quel pied mes amis ! Incontournable pour les fans, révélation pour les amateurs, initiatique pour les néophytes, ce CD 2 emportera tout le monde au nirvana.

Alors courez vous le procurer avant qu’il n’en reste plus ; si vous réussissez à dégoter l’édition limitée à laquelle je me réfère, vous aurez droit en prime au dernier (en date !) enregistrement à la BBC de notre caméléon aux yeux vairons. 27 juin 2000 au BBC Radio Theatre, devant 250 veinards. Bowie, en pleine forme, en pleine maîtrise de sa voix (qui a passablement mué depuis les années Ziggy), avec un groupe au top niveau, un son impec. 15 morceaux de toutes ses époques, bien envoyés, ça fait toujours plaisir... même si la folie, l’excitation et l’électricité des années 70 c’était mieux quand même.


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Janvier 2002



Site : www.davidbowie.com
À l’image du maître : différent, sophistiqué, inattendu, bizarre, déconcertant et... payant !
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