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     MuSiQueS
 
FRANCOIZ BREUT
Vingt à trente mille jours
(Labels - 2000)

1 - Derriere le grand filtre
2 - Si tu disais
3 - L'affaire d'un jour
4 - Portsmouth
5 - L'origine du monde
6 - Vingt a trente mille jours
7 - La chanson d'helene
8 - Silhouette minuscule
9 - Sans souci
10 - La nuit repose
11 - L'heure bleue
12 - Il n'y a pas d'hommes
dans les coulisses
13 - Le verre pilé
14 - Je ne veux pas quitter
Françoiz Breut n’écrit pas ses chansons. Elle les chante. Ou plutôt, elle les interprète. Superbement, d’une voix au timbre très caractéristique, qui sonne années 50, nouvelle vague, un peu Jeanne Moreau dans Jules et Jim... vous voyez ce que je veux dire ? Quelque chose d’à la fois distant et sensuel, classieux, très féminin.

Françoiz Breut, son vrai métier, c’est dessinatrice ; elle illustre en particulier des livres pour enfants, avec des bonshommes sympas à bonnes grosses bouilles.

Seulement voilà, Françoiz Breut s’est entichée, il y a une dizaine d’années d’un Monsieur homonyme. Non, pas Breut, Ané. Dominique Ané. Dominique A, si vous préférez. Et Dominique A, lui, c’est un sacré auteur-compositeur-interprète (d’ailleurs, son dernier album devrait faire sous peu l’objet d’une rubrique dans votre web’zine favori), symbole de la vague minimaliste française, orfèvre du son et grand arrangeur.

Françoiz Breut est devenue la femme de Dominique Ané. Elle a chanté un peu derrière lui (Le twenty-two-bar, vous connaissez sûrement... mais si ... "au twenty two bar ce soir làààà, on dansait...") .

Comme elle chantait bien, il lui a fait un bon disque (son premier) et un beau bébé (Youri). Et puis, vous savez ce que c’est que la vie : ils se sont aimés, ils se sont déchirés, ils se sont quittés, ils ont souffert. Il n’y a qu’à (essayer d’) écouter le précédent disque (Remué) de Dominique A pour constater les dégâts...

Je vois que vous commencez à faire le parallèle et je suis d’accord avec vous : oui, c’est un peu comme Serge Gainsbourg et Jane Birkin, "je t’aime... moi non plus", "je ne peux plus te supporter ... mais tu me manques", "je te quitte pour toujours..mais à ce soir". Eh bien disons que Françoiz, c’est un peu la Jane de Dominique et que Dominique c’est un peu le Serge de Françoiz.

Ainsi, une fois les esprits apaisés, Dominique A a lui aussi besoin de composer un deuxième disque pour son égérie ; il fait appel à ses amis Philippe Poirier (de Kat Onoma), Philippe Katerine, Yann Tiersen et au Budapest Symphony Orchestra pour que ce soit encore mieux. Et voilà le travail : Vingt à Trente Mille Jours, l’un des plus beaux disques de chansons de l’année 2000.

La poésie des textes (longues phrases chaloupées, musicales, d’inspiration mélancolique), la subtilité de l’interprétation (sans faux effets, authentique et sincère), la beauté des mélodies, l’originalité des arrangements (percussions et sobre guitare finement électrifiée omniprésentes, auxquelles se mêlent ponctuellement l’orchestre, le violon, l’orgue ou le piano) : tout se conjugue en une parfaite harmonie qui fait du bien partout, de la tête aux pieds.

Françoiz Breut est une fille sensible, discrète, pudique et sans artifices. C’est rare de nos jours.
Son disque est à son image. Il a été construit pour elle (et pour nous), par des gens qui l’aiment et qui la connaissent bien. Pas de frime, pas de show-business : simplement des chansons, pour nous rendre encore plus beau ce compte à rebours... de vingt à trente mille jours.


Roland Caduf
© Jowebzine.com - Décembre 2001
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