Untitled Document
 

     MuSiQueS
 
JAMES BROWN
(1933 ? - 2006)
Le Père-Noël n’aime pas la soul.


C’est vrai que certaines morts mettent plus une claque que d’autres. Le jour où Henri Dès passera l’arme à gauche, il est peu probable que je me roule par terre de chagrin en tapant sur mon lino et en criant "Why ? Why ! C’est trop dur !". Par contre, le jour où James Brown s’est époumoné une dernière fois, là, c’était différent. Pas le désespoir total mais un bon uppercut.

Parce que Mister Dynamite, c’était un peu comme le premier pas sur la lune, Kennedy, Einstein, Pelé, la Tour Eiffel… Comme dirait l’autre, c’était un membre du "Patrimoine de l’Humanité". Le type tellement connu que l’on sait forcément plein de choses à son sujet, même si, comme votre serviteur, on n’est pas le fan ultime : la date de naissance trafiquée, les champs de coton, les putes, la bibine, la dope, Sex Machine, les chaises cassées à L’Olympia, le Live at the Apollo, le parrain de la soul, Rocky. "Waouh, mais c’est délire ! T’étais dans sa cellule ou quoi pour le connaître comme ça ?". "Non, regarde dans ta tête, toi aussi tu sais tout ça". "Ah oui !".

Bien sûr que j’ai raison tout simplement parce que toute personne plongée dans le monde depuis une soixantaine d’années avec les oreilles sur "on" a forcément un souvenir lié au Soul Brother Number One. Pour être devenu fou à l’écoute d’I’ll go crazy, pour avoir emballé sur It’s a man’s man’s man’s world, pour avoir conclu sur Sex machine, pour avoir levé le poing sur Say it loud, pour avoir mis les gants avec Rocky… Oui, c’est pour ça que ça fait bizarre quand un type comme James Brown meurt.

Heureusement, avec lui, c’est cool car même pas la peine de se remettre un morceau sur son iPod ou de se caler devant un bon DVD pour en profiter. Il suffit d’y penser. Allez-y. Vous le voyez s’éclater, se déhancher, hurler, s’exploser de rire ? C’est dingue comme c’est facile de le visualiser, de
l’entendre : ça, c’est l’effet "Patrimoine de l’Humanité" ! Il est là, entre le "Happy birthday Mister President" de Marilyn et le "Jailhouse rock" d’Elvis. Et juste à côté du "I have a dream" de Martin Luther King.

Allez, get up ! Ça meurt pas un James Brown ! Une autre petite traversée du désert et il va se refaire.


François Zerhat
© Jowebzine.com - Décembre 2006
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés