1. Examen de conscience
2. Ripples
3. Spring isn’t fair
4. Noël sur ordonnance
5. Pablo’s dove
6. Je suis seul dans ma chanson
7. Ma boîte à musique
8. Another world gone by
9. Demolition derby
10. The angels combine
11. Vestibule d’ombres
12. Broder kung
13. Pleased me
14. Sun-dials
15. Waiting for rain
16. Sans titre
17. Orea onira
18. Paola
19. La dernière plage
Somptueux
et ponctué de véritables moments de grâce,
Portrait-robot installe définitivement Bertrand Burgalat
dans son fauteuil d’académusicien.
Un portrait robot, c’est quoi ? Une image floue, définie
sur des on-dit, des on-a-cru-voir, des on-pense-que… Cet
homme a les cheveux bruns, lisses, avec une raie sur le côté,
des grandes lunettes, un visage plutôt rond avec une fossette
au menton. Vu sous cet angle, cet homme ne présente aucun
intérêt particulier. Et pourtant, à l’intérieur
de cet homme, de merveilleuses harmonies, des notes, des rythmes,
des clés, des altérations, bémols, dièses,
bécarres, des syncopes, des croches, des accords, secondes,
tierces, sixtes, des triples croches, des siciliennes, des triolets,
des da capo… Une source musicale inépuisable qui
court, bouillonne et finit par jaillir sur les plages d’un
disque : Portrait-robot.
L’intérieur de cet homme, un examen IRM (Imagerie
par Résonance Magnétique) du cerveau, un bilan
audiométrique tonal, un électrocardiogramme, une
échographie de profil de la tête -pourtant joints
à la jaquette - ne permettent pas d’en identifier
les composantes artistiques. L’origine de cet extraordinaire
puits de musique est un secret impalpable et surtout indéfinissable
par les techniques humaines, policières ou médicales.
Entre la première (Examen de conscience, mise en ambiance
de quelques secondes) et la dernière plage (émouvant
pianotage dépouillé), c’est à une
bouleversante démonstration de talent pur qu’on
assiste. Magistral et terriblement émouvant à
la fois, cet enchaînement riche, varié et original
de morceaux fourmillant de ressources, de finesse et de profondeur
a - comme pour le témoin face à l’exercice
du portrait-robot - quelque chose d’indescriptible, comme
une peur de trahir en allant trop en décortiquer le contenu.
A l’aise dans tous les compartiments de son art, entouré
de musiciens hors-pair, l’artiste nous offre un disque
généreux, plein de détails magiques, de
chansons parfaites, de clins d’yeux, d’orchestrations
(cordes, cuivres, claviers) splendides que survolent d’authentiques
instants de grâce. Une petite heure de bonheur rare et
précieux à laquelle on se surprend à succomber
au moins une fois par jour… depuis un mois.
La pop française a trouvé son roi : il s’appelle
Bertrand Burgalat.