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     MuSiQueS
 
BERTRAND BURGALAT
The sssound of mmmusic
( Tricatel - 2000)

1. Pas perdus
2. Tsom
3. Aux Cyclades électronique
4. Ma rencontre
5. Ile de béton
6. Attention amiante
7. Chaque jour
8. 14h
9. Nonza
10. Ok skorpios
11. Gris métal
12. Des yeux roses
13. L'observatoire
14. Le pays imaginaire
15. Coeur inapaisé
LE MMMIEL DE L'ETE
Un album rond, épais et souple, fait d'une matière douce et moite... Le miel d’un "happy-culteur" qui serait parti en vacances éternelles.



L’album 8, c’est celui de Bertrand Burgalat, l’homme à la tête de cet empire tranquille : Tricatel. L’univers de The sssound of mmmusic est peuplé de références plastiques, de couleurs relativement flashy et de textures assez brillantes.

Légèrement décalé, certes, mais bien ancré dans notre XXIe siècle, le disque parle du ressenti (comme tous les disques), mais celui-ci évoque les étés éternels, ce qui le rend délicieusement plus désirable...

C’est donc un rêve d’une nuit d’été, comme quand on entend un transistor branché dans un demi-sommeil, et par lequel sortiraient des sons ronds, épais et souples en même temps, comme des boules de latex ou une matière douce et moite prête à rebondir dans nos mains chaudes, et quand... hum, hum... Non, je ne parle pas de sexe... Je ne parle même pas des femmes-déesses de l’amour dyonisien...

Une musique charnelle et langoureuse

Et puis si, après tout. La musique, c’est ce qui nous fait vibrer. Et celle de Bertrand, plus qu’une autre d’ailleurs, nous emmène faire l’amour dans l’herbe sèche, près des dunes à la tombée du jour. C’est même pas moi qui le dit, écoutez l’album n° 3, la compil, dès le premier morceau, le ton est donné... "C’est une féerie de nappes en papier, et de cœurs qui chavirent, sous les tonnelles de l’hédonisme". Cette musique est pleine de ralentis langoureux. Si c’est pas charnel tout ça... (Sunshine yellow). Courez l’écouter, pour ma part, ça fait 6 mois qu’il passe en boucle et je n’en suis toujours pas remis, c’est vous dire !

Bertrand Burgalat est le genre de type qu’on cherche à croiser dans des bars de moyenne classe (mais toujours clean), tant il doit fuir, modestie et humilité obligent, les endroits trop "hype" de la cité... (L’observatoire).

Il est le genre de mec qu’à l’air de prendre son temps, et de se balader dans des endroits déserts en fin de saison ; en fait, quand les places bondées se vident, quand il ne reste que la substantifique moelle d’un été désabusé.

Un instant suspendu

Le poète Burgalat donne dans l’easy-spleen, le tranquille sentiment désuet. Il est l’observateur attentif, celui qui devine le son des choses et la courbure du temps. Son talent est de nous faire ressentir cette douce nostalgie optimiste d’un moment demi-conscient (Aux Cyclades électroniques).

Bertrand, on a envie de le rencontrer par hasard au coin de la rue (Ma rencontre), instant suspendu où l’on échange 3 mots sous un ciel gris, chaud, vêtu d’un manteau de début d’automne, celui qu’on porte depuis 12 ans, qui est tout élimé aux manches mais qu’on a envie de porter encore et encore, pas parce qu’il fait "mode", mais parce qu’il a vécu tellement de moments biens, qu’on l’aime ce vêtement, comme un vieux pote.

Cet album, c’est le miel d’un "happy-culteur" qui serait parti en vacances, c’est du papier cellophane bleu dans un jardin raffiné (je ne parle pas de pétrole)... C’est un recueil sunshimadélique ! Il ouvre en grand des fenêtres en couleurs sucrées dans le décor de chewing-gum usé de notre quotidien.


Ster
© Jowebzine.com - Avril 2003
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