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     MuSiQueS
 
NICK CAVE AND THE BAD SEEDS
Nocturama
(Mute Records - 2003)

1. Wonderful life
2. He wants you
3. Right out of your hand
4. Bring it on
5. Dead man in my bed
6. Still in love
7. There is a town
8. Rock of Gibraltar
9. She passed by my window
10. Baby I'm on fire
Il y a maintenant près de deux décennies que ça dure, et ça n’est pas près de s’arrêter : chaque sortie d’un nouvel album de Nick Cave et de ses Bad Seeds est un événement marquant dans l‘univers pop-rock indie.

Nocturama ne déroge pas à la tradition dans son package d’un blanc sobre qui annonce d’emblée l’évolution de l’état d’esprit général de l’Australien voyageur. Sans verser dans la gaudriole, loin s’en faut, cette livraison met en musique, malgré son titre, une manière de sortie des sombres profondeurs dans lesquelles ses précédents albums avaient été conçus.

Les chants funèbres puissants et lancinants de No more shall we part (sans conteste l’un des plus beaux disques de 2002), se sont un peu éloignés pour faire place à des chansons à la vigueur nouvelle, plus nerveuses, plus démonstratrices, plus énergiques.

L’ouverture de Nocturama se fait toutefois en "douceur" avec He wants you et Right out of your hands, qui auraient pu, sans dénoter, figurer sur l’album précédent. Mais elles sont encadrées pour l’occasion par deux titres plus conformes à l’ambiance générale de celui-ci : Wonderful life et Bring it on. Pas grand-chose à dire du premier sauf peut-être : "excellent". Avec le deuxième, par contre, il faut changer de registre et de vocabulaire pour lorgner du côté de "grandiose", "fabuleux", "bouleversant"... Soutenu par la voix extraordinaire de son compatriote Chris Bailey, leader des regrettés Saints, Nick Cave y donne la pleine mesure de son talent de musicien et de songwritter.

Ensuite, c’est l’énergique Dead man in my bed, premier titre "énervé" depuis au moins trois albums et sursaut crédible, parce qu’irréprochable : juste de la fougue, de la foi, de l’imparable trio guitare -basse - batterie "qui n’en veut" et un vieil orgue Hammond à l’ancienne : on adore !

Encore quatre classiques "Caviens" tous plus beau les uns que les autres et déboule le morceau de bravoure de Nocturama : un Babe, I’m on fire du feu de Dieu. Quinze bonnes minutes, montre en main, de pure jubilation mi-déconnante, mi-endiablée qui offre l’occasion à Nick Cave et ses mauvaises graines de se lâcher dans les grandes largeurs pour notre plus grand plaisir. Et, pour que la fête soit complète, Mute Records offre un DVD bonus contenant la vidéo de cette chanson, clip choc mais pas chic (de très mauvais goût, même), en forme de défouloir potache d’un groupe en fin de session studio.

Alors, on laisse le DVD dans son boîtier, on se concentre sur l’album et on n’hésite pas à l’écouter encore et encore, quitte à faire... nocturne. Pour le plaisir.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Février 2003
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