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     MuSiQueS
 
THE CHARLATANS
Wonderland
(Universal - 2001)

1 - You're so pretty - We're so pretty
2 - Judas
3 - Love is the key
4 - A man need to be told
5 - I just can't get over losing you
6 - The bell and the butterfly
7 - And if I fall
8 - Wake up
9 - Is it in you ?
10 - Ballad of the band
Si vous avez aimé Tintin en Amérique, vous adorerez le dernier album des Charlatans ! A l'instar du sémillant reporter du Petit Journal, nos cinq Anglais pur malt se sont offert la grande traversée... et le grand frisson. Au point que ces porte-drapeaux de la brit-pop classique, dignes héritiers d’une fière lignée qui, des Byrds à Oasis a vue défiler une cohorte de surdoués prodigues ou éphémères, nous ramènent un disque dans lequel ils sont totalement méconnaissables... et néanmoins séduisants et excitants ! Tour de force inespéré qui mérite que l'on s'y attarde un peu.

Plus question de vulgaire guitare-basse-batterie avec Wonderland, leur 3e opus. Voix nasillarde et veloutée de Tim Burgess, arrangements maniérés, emprunts éhontés à tout ce que la musique compte de soul-rock et funk-rock, les mancuniens se retrouvent à la tête de dix chansons magnifiques. Et c’est bien ça le plus extraordinaire : que ce mélange improbable de Beck et de Rod Stewart, de Stones (époque Emotional rescue) et de Earth Wind and Fire (I just can’t get over losing you), fonctionne d’une manière aussi totalement convaincante.

Après un You’re so Pretty-We’re so pretty que l’on se retient difficilement de passer en boucle, les titres s’enchaînent harmonieusement et sans baisse de régime (mis à part un regrettable instrumental : The bell and the butterfly), nous entraînant inexorablement dans un univers proprement envoûtant de miel doux-amer et de paillettes au groove irrésistible. De ces paillettes que l’on méprise tant vues de loin et qui fascinent tellement quand l’on se trouve dessous. Impossible, dès lors, de ne pas mettre et remettre inlassablement le CD sur la platine.

La surprise créée par ce Wonderland est donc immense, mais surtout la surprise est divine. Comme un Beck protéiforme avant eux, les Charlatans ont su muer intelligemment en faisant leur une musique venue d’ailleurs sans vendre leur âme au diable pour autant. J’ignore si cet album métissé est représentatif d’une évolution durable, mais c’est, au minimum, une digression réussie dans un plan de carrière qui s’annonçait honorable mais diablement prévisible.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Avril 2002



Site : www.thecharlatans.net
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