1. Indécise
2. Gloria
3. L'enfer
4. Avec ou sans moi
5. Un beau jour pour mourir
6. Beau fixe
7. Kids
8. L'impasse
9. Mais pourtant
10. Ta révérence
11. Bye bye beauté
12. Epilogue
Avec
la force des timides, Coralie Clément est la Jane Birkin
de Benjamin Biolay. Une perle qui sait idéalement mettre
en valeur le sens musical du (jeune) maître.
Le second album est, pour un artiste, l’épreuve
du feu. Il ne faut pas décevoir ses admirateurs et, en
même temps, il faut pousser l’avantage et explorer
des territoires inconnus. On le voit, il n’est pas simple
de résoudre cette équation.
À Coralie Clément, sœur du talentueux et
Gainsbourien Benjamin Biolay, rien d’impossible. Toujours
épaulée par son frère à la production
et à l’écriture des chansons, la jeune femme
nous surprend dans un domaine où l’on ne l’attendait
guère.
Son premier album bruissait de mélodies agréables
et désuètes, issues des années 1960. C’était
un album plaisant comme une collection d’entêtantes
ritournelles. On pensait à France Gall, à Françoise
Hardy.
À l’écoute de Bye bye beauté, on
pense encore à Françoise Hardy, influence revendiquée.
Mais c’est de la Françoise Hardy des années
1990, celle du Danger, qu’il s’agit.
Coralie Clément sonne désormais plus rock. Elle
s’est entourée de Daniel Lorca de Nada Surf et
de Thierry Stremler. Le premier titre, par exemple, Indécise,
est une profession de foi. La délicieuse voix fluette
de Coralie est mise en valeur par une mélodie où
le rythme et la trompette sonnent comme un inédit de
Calexico.
Il y a deux parties dans cet album. La première a une
tonalité rock, nous l’avons dit. La seconde retrouve
les mélodies délicates ourlées par Biolay.
Il faut alors se pencher sur les paroles pour se rendre compte
qu’elles contiennent leur lot d’amertume et de désillusion.
Drogue, violence et mots crus qui surprennent dans la bouche
de cette jeune femme d’apparence timide.
Cette apparence de timidité masque une personnalité
sympathique et bien trempée. Coralie Clément ne
veut pas être une star. La célébrité
ne l’intéresse pas. Et ne parlons pas d’une
pose. Elle revendique le statut modeste d’artisan. Ce
qui convient à Mademoiselle Clément, c’est
de pratiquer son art, d’être une musicienne, de
durer.
Il faut dire que dans la famille, on joue d’un instrument
depuis la tendre enfance. Cela apprend la modestie et l’importance
de la pratique.
Écoute après écoute, l’ensemble s’imprime
dans nos mémoires sans qu’on y fasse attention.
Textes acérés, musique entre pop et rock au sens
générique de ces musiques. Coralie Clément
nous délivre une dizaine de dragées au poivre.
Attention, qui s’y frotte... s’y frottera encore.